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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 08:00

 

 

 

 

 

 

 

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L’or sous le givre

 

Grise et blanche

Une froide alchimie nocturne

Brise l’instant

 

Au matin

C’est le couperet du soleil

Qui tranche

 

Une pie cherche de l’or

Sous le givre

De la branche

 

 

  Jean Orizet   « Miroir Oblique » – Librairie de Saint-Germain des Près, 1969 

 

 Photo, source Flickr

 

·   

 

 

 

 


pour Lundi Soleil, un projet photographique proposé par Bernie de  http://www.bernieshoot.fr/      

Un thème pour chaque mois de l'année publié chaque lundi le blanc est à l'honneur en Janvier.

Pour tous ces matins de givre, je republie une page de 2013 préparée pour les Jeudis en Poésie .

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 08:19
Jeudi en Poésie - le Matin de Théophile de Viau

L'aurore sur le front du jour,

Sème l'azur, l'or et l'ivoire,

Et le soleil, lassé de boire,

Commence son oblique tour.

 

Théophile Viau (1590-1626) première strophe de la poésie le Matin

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 19:22

La voix

Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante

avec cette voix sourde et pure un si beau chant ?

Serait-ce hors la ville, à Robinson, dans un

jardin couvert de neige ? Ou est-ce là tout près,

quelqu'un qui ne se doutait pas qu'on l'écoutât ?

Ne soyons pas impatient de le savoir

puisque le jour n'est pas autrement précédé

par l'invisible oiseau. Mais faisons seulement

silence. Une voix monte, et comme un vent de mars

aux bois vieillis force leur porte, elle nous vient

sans larmes, souriant plutôt devant la mort.

Qui chantait là quand notre lampe s'est éteinte ?

Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le cœur

qui ne cherche la possession ni la victoire.

Philippe Jacottet

Extrait de L'Ignorant, © Gallimard, 1958

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 14:22
Jeudi en Poésie - Le monde à l'envers de W.Brighty Rand

La rue se promène dans les hommes,

Les ratures effacent la gomme

La table se cache sous le chat

La caserne s’ennuie dans le soldat ;

Le pont passe sur la petite fille,

Le cocon tisse sa chenille ;

La lande broute le mouton,

Le jardin pousse dans l’oignon ;

Le poème fait naître un poète,

Le marathon gagne un athlète ;

La mer prend le bateau,

Le sable marche sur le chameau

La salle d’attente ronfle dans le poêle,

Le grand jour éclate au scandale ;

Le cheval pique le flanc du taon,

Un arbre déracine l’ouragan ;

La vache trait la fermière,

Le proverbe roule dans la pierre ;

La ruche quitte enfin l’essaim

Le jet d’eau s’orne d’un bassin ;

Les billets vérifient le contrôleur,

Demain sera pour le bonheur.

William Brighty Rands

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 16:09

 

 

 

ECOUTER

 

Ecouter les ombres !

 

Ecouter les herbes !

 

Ecouter les arbres !

 

Ecouter les hommes !

 

 

 

Pour que ce qui croît !

 

et que ce qui crie !

 

s’écrive

 

 

 

 

 

Alain Boudet

 

 

 

 

 

Edition le printemps des poètes 2015 :

L’insurrection poétique

 

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 08:00

 

 

CÉRÉMONIE DU TROTTOIR



Le balayeur du dimanche
est celui qui ne ramasse plus les feuilles
et les feuilles ne sont pas mécontentes
d’avoir une journée de repos
pour s’allonger sur le dos
sur le tapis d’or d’octobre,

et la pelle du lundi
n’est pas mécontente, non plus,
de rester muette à sa place
bien au chaud dans son abri
en attendant sa tournée de pluie,

et le balayeur du dimanche
n’est pas fâché
que tout ce petit monde
prenne le temps de s’arrêter
pour regarder passer
le vol somptueux des oies blanches.

 

Dominique Sorrente

 

 

 

 

Edition le printemps des poètes 2015 :

L’insurrection poétique

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 10:00

Rien ne sert de courir

 

Un grain de blé s’envola

en l’air loin de l’aire

un grain de blé voyagea

parcourant la terre entière

un oiseau qui l’avala

traversa l’Atlantique

et brusquement le rejeta

au-dessus du Mexique

un autre oiseau qui l’avala

traversa le Pacifique

et brusquement le rejeta

au-dessus de la Chine

traversant bien des rizières

traversant bien des deltas

traversant bien des rivières

traversant bien des toundras

dans son pays il revint

brisé par tant d’aventures

et pour finir il devint

un tout petit tas de farine

Pas la peine de tant courir

pour suivre la loi commune

 

 

 

Raymond Queneau, in Battre la campagne (1968),

© Éditions Gallimard, 1981, coll. Poésie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source : http://www.reseau-canope.fr/tdc/fileadmin/docs/tdc_991_poesie/fiche_pedagogique_ecole.pdf

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 18:23

L’arbre

 

Perdu au milieu de la ville,

 

L’arbre tout seul, à quoi sert-il ?

 

Les parkings, c’est pour stationner,

Les camions pour embouteiller,

Les motos pour pétarader,

Les vélos pour se faufiler.

 

L’arbre tout seul à quoi sert-il ?

 

Les télés, c’est pour regarder,

Les transistors pour écouter,

Les murs pour la publicité,

Les magasins pour acheter.

 

L’arbre tout seul à quoi sert-il ?

 

Les maisons, c’est pour habiter,

Les bétons pour embétonner,

Les néons pour illuminer,

Les feux rouges pour traverser.

 

L’arbre tout seul à quoi sert-il ?

 

Les ascenseurs, c’est pour grimper,

Les Présidents pour présider,

Les montres pour se dépêcher,

Les mercredis pour s’amuser

 

L’arbre tout seul à quoi sert-il ?


Il suffit de le demander

À l’oiseau qui chante à la cime.

 

 

 

Pour lire d'autres poésies de Jacques Charpentreaux

http://www.jacquescharpentreau.fr/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=7&Itemid=5

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 00:00

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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

 

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

 

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

 

Joachim du Bellay (Liré, 1522 –Paris,1560)

recueil "les Regrets"publié en 1558

Avec Ronsard, il demeure le maître du sonnet.

 

 

 

photo : la Loire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

article programmé

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 08:02

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Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

 Charles Baudelaire

 


 

   Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots - Thème "Nostalgie" link  proposé par

Enriqueta  http://c-estenecrivantqu-ondevient.hautetfort.com/

 

    Source du poème :http://fleursdumal.org/poem/321

 

 

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