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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 10:06

"Les écrivains qui, dans la description, sont myopes, et ceux qui sont presbytes. Ceux-là chez qui même les menus objets du premier plan viennent avec une netteté parfois miraculeuse, pour lesquels rien ne se perd de la nacre d'un coquillage, du grain d'une étoffe, mais tout lointain est absent - ceux qui ne savent saisir que les grands mouvements d'un paysage, déchiffrer que la face de la terre quand elle se dénude. Parmi les premiers : Huysmans, Breton, Proust, Colette. Parmi les seconds : Chateaubriand, TolstoÏ, Claudel. Rares sont les écrivains qui témoignent, la plume à la main, d'une vue tout à fait normale."

                Julien Gracq - extrait de Lettrines p.53 - édition José Corti

La-Palmyre--4-.JPG  La Palmyre

 

 

 

Comment écrivez-vous ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photo : forêt de la Palmyre en Charentes Maritimes 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 09:37

 

Toute maison comporte, entre plafonds et toit, sa nef profane sur la longueur totale de ses pièces. Lorsque l’homme en pousse la porte, la lumière entre avec lui. La vastitude l’en étonne. Quelques pierres noircies au fond signalent les murs de l’âtre.

Allongé sur la poutre de l’A, il poursuit volontiers un songe à la gloire du charpentier. Au défaut de ce firmament brillent cent étoiles de jour. Du fond de la cale aérienne, il écoute les vagues du vent battre les flancs de tuile rose ou ruisseler par le zinc.

A l’intérieur, à peine frémissent quelque hamacs de toiles fine, voilettes pierreuses d’araignées, qui s’enroulent autour du doigt comme autour des visages d’automobilistes jadis aux temps héroïques du sport.

Marc filtré de la pluie aux tuiles, une poudre assez précieuse s’y dépose sur tous objets.

C’est là, loin du sol avide, que l’homme entrepose le grain pour l’usage contraire à germer. Séchez, distinctes et rassies, idées dès lors sans conséquences pour la terre dont vous naquîtes. Permettez plutôt la farine et ses banales statues grises, au sortir du four adorées.



Lire la suite:
http://www.litterales.com/document__id-28-Ponge%20-%20Le%20Grenier.html#ixzz29Y3KYJt9

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 16:05

 

   

    " Intérieur» Vincent Bioulès

 

 

"Il est tout de même étrange qu'en se réveillant le matin on retrouve tout, du moins en général, exactement à la même place que la veille. On a été pourtant dans le sommeil et dans le rêve, dans un état tout différent de celui de l'homme éveillé, et il faut une présence d'esprit infinie, un sens étonnant de la riposte, pour situer tout ce qui est là, dès qu'on ouvre les yeux, à la même place que la veille. Aussi le moment du réveil est-il le plus risqué de la journée et une fois ce moment surmonté sans qu'on ait été changé de place on n'a plus à s'inquiéter le reste du jour."

 

 Franz Kafka - Le Procès

 

 

 

 

 

  Source Photo du tableau :  http://imago.blog.lemonde.fr/category/expositions/page/2/

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:32

A diffuser largement :

 

 

A toutes les auteures et à tous les auteurs confirmés, en devenir ou encore latents...
Nous lançons un CONCOURS D'ECRITURE !!!
 
Après la cuisine, les animaux et la musique, nous vous proposons cette année un nouveau thème:
 
"A l'aéroport..."
 
Nous nous réjouissons de recevoir vos textes d'ici le 30 septembre 2012 !
 
A vos plumes !

Les éditions Encre Fraîche

 

 

 

 


 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 13:30

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots,  Thème "Livres (lecture) " proposé par  Mireillle  

 

 

 

J’ai choisi cet extrait dans le chapitre « Livres vivants »

Je me souviens qu’il y a de cela plus de trente ans, je lisais chaque jour en allant à mon travail et sur le chemin du retour le Heroes and Hero Workship de Carlyle. Je lisais ce livre dans le métro aérien. Un jour  une pensée énoncée par l’auteur m’émut si profondément que lorsque je levai les yeux de la page j’eus de la peine à reconnaître les figures bien trop familières qui m’entouraient. J’étais dans un autre monde… et complètement. Quelque chose que l’auteur avait dit – je ne me rappelle plus ce que c’était - m’avait secoué jusqu’au plus profond de mon être. A cet instant même, j’eus la conviction que mon sort, ou ma destinée, serait différent de ceux des gens qui m’entouraient. Je me vis soudain soulevé – projeté ! hors du cercle qui m’emprisonnait. Un sentiment momentané de fierté et d’exaltation, de vanité aussi sans aucun doute, accompagna cette révélation, mais il s’évanouit vite, et fit bientôt place à une calme acceptation et une résolution profonde ; en même temps s’éveilla en moi un sens plus fort de communion, le lien qui me rattachait à mon voisin devint beaucoup plus humain.

 

Henri Miller , extrait « Les Livres de ma Vie » p.141 éd. Gallimard

 

 

J’ai ouvert un livre

Pour voyager à l’orée des peut-être

Pour oublier le temps

Pour rêver, imaginer

Une ville, des personnages

Se sont dessinés sous mes yeux

Je ne manquerai pas la fin

"Ouvrir un livre, ferme tous les autres"*

 

 Alice

 

Photo image google

*Roberto Juarroz - Poème 1984

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 13:16

 Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème « l’hiver» proposé par Fanfan 

   

5 mars 

« Pas un oiseau ne crie. L’hiver a pétrifié la vie. Le monde

 attend son réveil. La neige, la chute d’eau, les nuages, le

 silence même  sont en suspens. Un jour, les choses reprendron-

dront leur cours. La chaleur descendra du ciel et le flux prin-

tanier gonflera les tissus de la nature. Les veines des bêtes

battront d’un sang neuf. Les thalwegs se rempliront d’eau,

la sève des arbres pulsera. Les feuilles perceront la gangue

des bourgeons, les neiges murmureront qu’elles veulent

retourner au lac, les larves écloront, les insectes sortiront

de la terre. Un ruissellement monstrueux nappera les ver-

sants. La vie coulera sur les pentes, les bêtes descendront

boire et les nuages d’été ramperont vers le nord. Pour l’ins-

tant je suis seul à me débattre dans la poudreuse pour ren-

trer chez moi.

Patin à glace, le soir. Une heure à glisser sur la laque.

Avec les visions qui défilent sous mes yeux – plaques

d’obsidienne, zébrures bleu lagon : une pub pour parfum

des années 80.

Sur la glace, un îlot de neige épargné par le vent. Je m’y

échoue pour un cigarillo. Les craquements du Baïkal se

répercutent dans mes os.  Il fait bon vivre près d’un lac. Le

lac offre un spectacle de symétrie (les rives et leur reflet)

et une leçon d’équilibre (l’équation entre l’apport des

affluents et le débit des exutoires). Pour que se maintien-

nent les niveaux hydrographiques, il faut une précision

miraculeuse. Chaque goutte versée au crédit de la vasque

doit être redistribuée.

Vivre en cabane c’est avoir le temps de s’intéresser à des

choses pareilles, le temps de les écrire, le temps de se relire.

Et le comble, c’est qu’une fois tout cela accomplit, il reste

encore du temps.

Au carreau ce soir, la mésange, mon ange."

 

           Dans les forêts de Sibérie (Février-Juillet 2010) p.79-80 de Sylvain Tesson, édition Gallimard

 

Coup de coeur pour ce livre, récit de six mois de solitude au bord du lac Baïkal en Sibérie. L'auteur raconte au jour le jour sa vie de citadin transformée en ermite. Le temps de lire ses livres choisis pour cet exil, le temps d'observer la nature infiniement, ses couleurs, ses bruits. La peur des ours, les rencontres improvisées avec les habitants éloignés  du lac, les exercices physiques à couper du bois pour se chauffer, se réchauffer le moral avec la vodka, les nombreuses  explorations en traîneau, en raquettes. L'auteur, avec son écriture poétique, nous fait partager au plus près sa vie au bord du lac Baïkal.

 


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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:27

 

 

Les veillées ont joué un grand rôle dans le milieu troglodytique. Des légendes reflètent plus ou moins l’histoire et les lieux du Saumurois. Chaque hameau ou village comptait deux ou trois veilloirs

 Fichier:Louresse-Rochemenier site troglodytique (10).JPG

Les Bœufs

Cette merveille des bêtes parlant le langage des humains la nuit de Noël n’a pu être vérifiée sans dommage que lorsque seulement le hasard vous amenait, sans y penser, sans le chercher, à vous rendre compte du miracle.

Le malheur, la mort même étaient la punition des curieux voulant épier le prodige. Pour vous en convaincre, il n’est que d’écouter cette histoire.

Il y a bien longtemps, un habitant  du village ne se cachait pas pour étaler à ce sujet son scepticisme, quand le soir à la veillée quelqu’un rappelait le fait prodigieux. Coupant court un jour à toute discussion, il déclara : « J’en aurai le cœur net », haussant dédaigneusement les épaules.

La nuit de la Nativité arrivée, il laissa prendre à sa famille, ses voisins, ses amis, le chemin de l’église. Quittant sa cave-demeurante, il se faufila dans la carrée, atteignit l’étable dont il avait laissé à dessein la porte entr’ouverte, et s’y glissa sans bruit.

« Saint Thomas, se disait-il s’est bien permis de vérifier. Pourquoi ne ferai-je pas de même ? »

Allongé sur la paille, il goûtait la tiédeur du lieu dont l’ambiance rappelait celle de la naissance du Sauveur. La voûte, taillée en coupole à même la tuffe, gardait jalousement la chaleur. Les vaches ruminaient, l’âne tirait sur sa longe, les « biques » grattaient la paroi de leurs cornes. L’homme s’assoupit.

Apporté par le vent de bise, le premier coup de minuit lui parvint très net, l’arrachant au sommeil.

Le fond de l’étable, du côté où sagement couchés, pattes repliées sous le ventre ses grands bœufs, ses compagnons si chers attelés comme lui quotidiennement au rude labeur de la terre, pour lesquels sa tendresse était immense, s’illumina tout à coup d’une lueur étrange, tout à la fois douce et vive.

« Martin, celui dont la tête s’éclairait d’une jolie lune blanche, dit alors : « Que fait-on demain, « Luron » ?

« Luron », lent comme tous ceux de son espèce, médita un temps assez long sa réponse, sans interrompre pour autant la mastication de son dîner.

Pâle d’émotion, le paysan retint son souffle.

Puis, du même ton, de la même voix qu’un quelconque habitant du village, Luron répondit à son compagnon : « Demain ?... Ah ! Mon pauvre Martin….

Demain ?... nous tirerons le char qui conduira notre bon maître à sa dernière demeure…. »

 

                                                Contes et Légendes  Le Puy-Notre-Dame

- Extrait du livre : Les Troglodytes en Anjou à travers les âges - Folklore

De J. et C. Fraysse  , Ouvrage publié avec  le concours du Centre National de la Recherche Scientifique

Préface de Georges-Henri Rivière

Source photo : wikipédia, habitat troglodyte Louresse Rochemenier près de Saumur

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 11:42

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots

Thème « Les Médias » proposé par Enriqueta

 

Le quotidien quotidien

Un monsieur prend l’autobus après avoir acheté le journal et l’avoir mis sous son bras. Une demi-heure plus tard, il descend avec le même journal sous le même bras.

Mais ce n’est plus le même journal, c’est maintenant un tas de feuilles imprimées que ce monsieur abandonne sur un banc de la place.

A peine est-il seul sur le banc que le tas de feuilles imprimées redevient un journal jusqu’à ce qu’un jeune homme le voie, le lise et le repose, transformé en un tas de feuilles imprimées.

A peine est-il seul sur le banc que le tas de feuilles imprimées redevient un journal, jusqu’à ce qu’une vieille femme le trouve, le lise et le repose, transformé en un tas de feuilles imprimées. Elle se ravise et l’emporte et, chemin faisant, elle s’en sert pour envelopper un demi-kilo de blettes, ce à quoi servent tous les journaux après avoir subi ces excitantes métamorphoses.

 

Julio Cortàzar – Cronopes et Fameux chez Folio p 71

Publiées en Argentine en 1962, ces histoires sont le miroir du regard intime de Julio Cortàzar. Elles lui ont même valu un siège au Collège de Pataphysique.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 12:16

 

Dans la catégorie Littérature, mes livres préférés. Un coup de cœur, cet été, pour ce livre.

Résumé : Avec une écriture réaliste, poétique, épurée, Erri De Luca nous conte le récit d’un duel entre un braconnier et le roi des chamois. Le face à face de deux créatures libres, solitaires dans le paysage de la montagne.

 Extrait : p 16

« Les sabots des chamois sont les quatre doigts d’un violoniste. Ils vont à l’aveuglette sans se rompre d’un millimètre. Ils giclent sur des à-pics, jongleurs en montée, acrobates en descente, ce sont des artistes de cirque pour le public des montagnes. Les sabots des chamois s’agrippent à l’air. Le cal en forme de coussinet sert de silencieux quand il veut, sinon l’ongle divisé en deux est une castagnette de flamenco. Les sabots des chamois sont quatre as dans la poche d’un tricheur. Avec eux, la pesanteur est une variante du thème, pas une loi. »

Erri De Luca - Le poids du papillon aux Editions Gallimard

                                                                     

 Erri De Luca est né à Naples en 1950 et vit à la campagne près de Rome. Il est aujourd’hui un des écrivains italiens les plus lus dans le monde. Aux Editions Gallimard ont paru notamment Montedido en 2002, prix fémina étranger, Noyau d’Olive (2004) ou plus récemment Le jour avant le bonheur (2010)

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 16:05

 

 

 

Chapitre XI – La soirée dans le bureau et au salon

« Le jour tombait déjà lorsque nous arrivâmes à la maison. Maman se mit au piano ; nous, les enfants, nous apportâmes du papier, des crayons, des couleurs et nous installâmes autour de la table ronde pour dessiner. J’avais seulement du bleu foncé ; malgré cela, j’entrepris de représenter la chasse. J’avais campé de façon très expressive un petit garçon bleu foncé, monté sur un cheval bleu foncé, des chiens bleu foncé, mais je n’étais pas sûr qu’on pût dessiner un lièvre bleu foncé ; aussi courus-je vers le bureau de papa pour lui demander conseil. Il était en train de lire ; à ma question : « Y a-t-il des lièvres bleu foncé ? » il répondit sans lever la tête : « Oui, mon ami, oui. » Revenu à ma place, j’esquissai un lièvre bleu, puis je jugeai utile de le transformer en buisson. Le buisson me déplut tout autant ; j’en fis un arbre, de l’arbre une meute, de la meute un nuage, et pour finir, barbouillai tellement mon papier de peinture bleue que de dépit je le déchirai et allai faire un somme dans le fauteuil Voltaire. »

 

 

 

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