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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:00

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème proposé "Secrets, Mystères" par Hauteclaire

 

Dans le creux secret de la montagne

Où l’eau rare coule encore

Le vieux figuier

Continue son chemin

Donne ses fruits à qui veut les prendre

Et parle avec la tempête

 

Michel Cosem

 

 

 

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Cosem

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 10:16

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème " Secrets" proposé par Hauteclaire

 

 

        652399451_a6b5eef665.jpg

J’avais dix ans.
La Sorgue m’enchâssait.
Le soleil chantait les heures
sur le sage cadran des eaux.
L’insouciance et la douleur
avaient scellé le coq de fer
sur le toit des maisons
et se supportaient ensemble.
Mais quelle roue dans le cœur
de l’enfant aux aguets
tournait plus fort,
tournait plus vite
que celle du moulin
dans son incendie blanc?

 

René Char - Au-dessus du Vent (1959) in La Parole en Archipel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Photo : La Sorgue sur Flickr 

Source du poème :   http://www.matisse.lettres.free.fr/epiphanies/t_char.htm

 

 "La Sorgue m'enchâssait" Pour l'enfant, elle est ce berceau qu'évoque si bien l'expression.

 

   Article d'Olivier Belin, sur "Déclarer son nom"   

http://www.fabula.org/revue/document1156.php 

 

 


 
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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 08:00

 

 

  Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème "SONORE"

proposé par Blog-heures 

 

 

 

Total Khaos : (zapologie des Superzhéros contemporains) 

 

s'autoclare s'autoclame

oupen opvert Salon Mondial de l'Autokonnerie

           Monumentéléphantesque

L'ouragan n'importe couac s'annonce côte forte bourse

Go New York go London go Berlin va Paris go Moscov go

Sydney go Tokyio

itou à Tombouctou Sakhaline Kinsasha Pierrefeu aux déserts

Itou aux pôles itou

Mad Max braille truandaille assaille funéraille mitraille ferraille

Fricaille : triomphe

(«j'n'aime pas cett'épok-é-mone ! - et je plante des zarbres

pour les zoiseaux »)

à 160 miles il téléphone téléfaxe télémate tél-épate

accrochant accrocheur viandant § se viandant

 

(...)  

 

Daniel Biga - L'Afrique est en nous - Editions L'Amourier

 

 

"Une Babel à la mesure de la cacophonie d'aujourd'hui. Tohu-bohu des origines, traversé d'harmonies brèves. Surprenantes. Avec reprise du thème où c'est toujours de l'humain qui émerge de cette Afrique du coeur."

 

 

 

http://www.francopolis.net/francosemailles/bigapoevie.htm

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 07:06

 

 

IMG_3274.JPG

 

Les souvenirs attisent les saveurs de l’automne. Les feuilles mortes

Rentrent à leur port d’attache. Leur art, c’est de peser

Quand rien ne nous pèse plus, le vin du monde ayant dissout

Toute soif… Je brûle d’aveu pour ce printemps de Venise

Que Tiepolo exaltait dans la résidence intime du gris.

C’était un dégradé sans bavure, un dédale, des embûches.

Rien n’y fut connaissance et tout y fut solitude. Le noir allait

Au blanc comme le tiers invisible de leur rapport.

Défaite fut ma volonté, défaite la pensée qui agite les eaux.

Il y avait la connivence de toutes les surfaces, il y avait le roulis

Des pointillés, le maillage des vagues sur un fil de jade

Agréé à distance…. Un fil agréé comme un Christ absent

Au corps, ce corps restauré à l’infini. C’était comme une place ;

Et mon âme était mûre de sa noblesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo  « la Grande Côte près de Saint-Palais

 

 

 


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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 11:42

 

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème « le monde » proposé par ABC  

 

IMG_3091.JPG 

 

C’est beau d’avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d’avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D’avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,
Comme des familiers
Qui n’ont pas leurs pareils,
Et d’avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,
D’avoir donné visage
À ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
À d’errants continents,
Et d’avoir atteint l’âme
À petits coups de rame
Pour ne l’effaroucher
D’une brusque approchée.

C’est beau d’avoir connu
L’ombre sous le feuillage
Et d’avoir senti l’âge
Ramper sur le corps nu,
Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l’étoile Patience,
Et d’avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D’avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l’avoir enfermée
Dans cette poésie.

 

 

 

Jules Supervielle – 1939-1945

 

 

 

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:07

Poésie du Jeudi, pour la communauté de Pascale, thème "Changer d'air" proposé par M'annette

 

 

 

 

 

 Le chat qui marche l’air de rien

voudrait se mettre sous la dent

l’oiseau qui vit de l’air du temps,

oiseau voyou, moineau vaurien.

 

 Mais, plus futé, l’oiseau lanlaire

n’a pas sa langue dans sa poche,

et siffle clair comme eau de roche

un petit air entre deux airs.

 

Un petit air pour changer d’air

 et s’en aller voir du pays,

un petit air qu’il a appris

à force de voler en l’air.

 

Faisant celui qui n’a pas l’air

Le chat prend l’air indifférent.

L’oiseau s’estime bien content

et se déguise en courant d’air.

 

 

L’oiseau voyou » de Claude Roy (extrait d’Enfantasques)

 

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 07:10

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème libre par Jill Bill  

 

 

 

Si  tu veux du soleil au creux de ton assiette

Fais une bouillabaisse. En voici la recette :

D’un demi-verre d’huile arrose en ton faitout

Un peu d’ail écrasé (quatre gousses en tout)

Trois oignons émincés et divers aromates

En hachis sans pépins deux pulpes de tomates

Thym, fenouil et persil, laurier, zeste d’orange

Les tronçons de poissons qu’artistement tu ranges

(Grondins, crabe ou langouste, et puis rascasse et vive)

- Recouvre d’eau bouillante et cuis à flamme vive

Quand saupoudré de sel, de poivre et de safran.

Le mélange a bouilli 5 minutes durant,

Quand sous l’ardente flamme, il prend déjà de l’âme

Ajoute aussi longtemps : loup, saint-pierre et merlan

Puis sur tranches de pain, passe le jus brûlant

Tandis que sur un plat, tout le poisson se dresse.

Ton chef d’œuvre est fini : c’est une bouillabaisse.

                                      Emilie Bernard

 

 

 Je vous invite à lire sur le blog de Mireille , l'intéressante histoire de la bouillabaisse et de ses origines

http://lepanierahistoiresdememette.over-blog.com/article-defi-82-jill-bill-a-la-barre-poissons-105896963.html

 

 Source photo et textes :

http://cabanus.e-monsite.com/pages/emilie-bernard-poemes-recettes-et-cartes-postales/emilie-bernard-intro.html

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 08:00

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème libre proposé par

 Jill Bill

 

   

 

Marseille sortie de la mer , avec ses poissons de roche , ses coquillages et l’iode ,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants ,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d’eau marine ,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel ,
Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore ,
Leurs verres , leurs tasses , leurs seaux à glace et leurs alcools ,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut , c’est une grande lumière qui se mêle à la conversation ,
Et réjouit la gorge des femmes comme celle des torrents dans la montagne ,
Il prend les nouveaux venus à partie , les bouscule un peu dans la rue ,
Et les pousse sans un mot du côté des jolies filles .
Et la lune est un singe échappé au baluchon d’un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit .
Marseille , écoute-moi , je t’en prie , sois attentive ,
Je voudrais te prendre dans un coin , te parler avec douceur ,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu
O toi toujours en partance
Et qui ne peut t’en aller ,
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.

 

                              Jules Supervielle - Débarcadère - 1927 

 

 

Jules Supervielle, écrivain français, né à Montévideo en 1884, mort à Paris en 1960. Sa première plaquette de vers, BRUMES DU PASSE, date de 1900. Son oeuvre poétique se continuera entre autres avec COMME DES VOILIERS (1910), LES POEMES DE L'HUMOUR TRISTE (1919), OLORON STE MARIE (1927), LE FORCAT INNOCENT (1930), NAISSANCE (1951) et LE CORPS TRAGIQUE (1959). Ecrivain prolifique, il est egalement auteur de romans (dont LE SURVIVANT, L'ARCHE DE NOE, PREMIER PAS DE L'UNIVERS, L'ENFANT DE LA HAUTE MER) et de pièces de théatre (dont LA BELLE AU BOIS DORMANT et BOLIVAR). Il obtint le prix des Critiques en 1949, pour Oublieuse mémoire, et celui de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre, en 1955.

 

 

 

 

 Source poème : http://www.marseillais-du-monde.org/sortie_mer.php3

 

 

 

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 09:51

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème « Rumeur » proposé par Enriqueta



Départ


Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. — Ô rumeurs et visions
!
Départ dans l’affection et le bruit neufs
  !




 

 

 

Arthur RIMBAUD, Illuminations, 1871
(ouvrage publié en 1886 par Verlaine) in
Œuvres (Mercure de France)

                               

 

S’éloigner des bruits anciens

Où rumeurs écrivent leur noire mémoire désaccordée

Pour écouter les chants  de l’âme

Où douces rumeurs accordent les notes

Du ciel et de la terre, harmonie des saisons

« Dans la voix des oiseaux, dans le cri des cigales* »

De l’enfance et du monde.

  

 

 

 

 

  Alice

 

 

*Les luttes et les rêves" dans Les Contemplations de Victor Hugo

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 10:36

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots,  thème "virtuel" proposé par Enriqueta

 

Avant le poème de Charles Baudelaire, j'ai choisi cette citation de Gérard de Nerval

« Le rêve est une seconde vie » 

 

A  Constantin Guys

I

 De ce terrible paysage,
Tel que jamais mortel n'en vit,
Ce matin encore l'image,
Vague et lointaine, me ravit.
Le sommeil est plein de miracles!
Par un caprice singulier,
J'avais banni de ces spectacles
Le végétal irrégulier,
Et, peintre fier de mon génie,
Je savourais dans mon tableau
L'enivrante monotonie
Du métal, du marbre et de l'eau.
Babel d'escaliers et d'arcades,
C'était un palais infini,
Plein de bassins et de cascades
Tombant dans l'or mat ou bruni;
Et des cataractes pesantes,
Comme des rideaux de cristal,
Se suspendaient, éblouissantes,
A des murailles de métal.
Non d'arbres, mais de colonnades
Les étangs dormants s'entouraient,
Où de gigantesques naïades,
Comme des femmes, se miraient.
Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues,
Entre des quais roses et verts,
Pendant des millions de lieues,
Vers les confins de l'univers;
C'étaient des pierres inouïes
Et des flots magiques; c'étaient
D'immenses glaces éblouies
Par tout ce qu'elles reflétaient!
Insouciants et taciturnes,
Des Ganges, dans le firmament,
Versaient le trésor de leurs urnes
Dans des gouffres de diamant.
Architecte de mes féeries,
Je faisais, à ma volonté,
Sous un tunnel de pierreries
Passer un océan dompté;
Et tout, même la couleur noire,
Semblait fourbi, clair, irisé;
Le liquide enchâssait sa gloire
Dans le rayon cristallisé.
Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges
De soleil, même au bas du ciel,
Pour illuminer ces prodiges,
Qui brillaient d'un feu personnel!
Et sur ces mouvantes merveilles
Planait (terrible nouveauté!
Tout pour l'oeil, rien pour les oreilles!)
Un silence d'éternité.

II

 En rouvrant mes yeux pleins de flamme
J'ai vu l'horreur de mon taudis,
Et senti, rentrant dans mon âme,
La pointe des soucis maudits;
La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi.

 

           Baudelaire  (extrait des Tableaux parisiens des Fleurs du Mal)

 

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