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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 19:22

La voix

Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante

avec cette voix sourde et pure un si beau chant ?

Serait-ce hors la ville, à Robinson, dans un

jardin couvert de neige ? Ou est-ce là tout près,

quelqu'un qui ne se doutait pas qu'on l'écoutât ?

Ne soyons pas impatient de le savoir

puisque le jour n'est pas autrement précédé

par l'invisible oiseau. Mais faisons seulement

silence. Une voix monte, et comme un vent de mars

aux bois vieillis force leur porte, elle nous vient

sans larmes, souriant plutôt devant la mort.

Qui chantait là quand notre lampe s'est éteinte ?

Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le cœur

qui ne cherche la possession ni la victoire.

Philippe Jacottet

Extrait de L'Ignorant, © Gallimard, 1958

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commentaires

Alice 08/06/2015 17:58

Merci pour le texte. Avec la nouvelle version d'over-blog, rien n'est simple....

ren 08/06/2015 15:46

Ah pourtant en faisant un copié-collé du lien, je viens de tomber direct dessus...

-
c'est pas grave ...

je te fais une copie du texte...

----

" les pages tues "



Tu l'a celé
dans l'épaisseur de ton silence,
le recueil ardent
dont les pages
ne cesseront d'êtres versées.

Que je les lise
que je les taise,
en pleins murmures
en pleins frissons,
tu les entends
monter en vagues lourdes
évadées de mes tréfonds.

Erell LeNoac'h

ren 07/06/2015 21:15

Très beau texte de Jaccottet...

-

du coup, avec sa lecture et celui de Erell Le Noac'h (http://lutinsvagabonds.blogspot.fr/2011/09/les-pages-tues.html)

-
J'en ai fait celui-là....

-
"Le cahier clos"
--

Celui chante là quand toute voix se tait

Si c'est le silence, alors



Tu l'a celé,

De ton écriture,

Tels sont les écrits ;

Couchés sur le papier

Dont tu n'ajouteras aucun chapitre ;



Un cahier plein de murmures,

Où je peux relire,

Les lettres de ton souffle :

Tu es tout près,

Cachée derrière les feuilles.



Et le cahier est fermé

pour toujours.

La lumière éteinte,

pourtant, ne cesse de briller.

chaque jour où je l'ouvre.



Un frisson

qui parcourt le dessin de l'écriture,

jusqu'à planer quelque part en moi :

Une voix intérieure me parcourt,

Même si je tais les mots



évadés du champ de la page ,

L'envol d'un invisible oiseau .



-





RC - juin 2015

Alice 08/06/2015 14:58

Très beau, à partir des voix dans les lectures qui résonnent en nous, écrire la voix. qui sourde, c'est ce "cahier clos" éclos souvenir d'elle ici, insipiré , merci pour cette lecture donnée. . Après des recherches, je n'ai pas retrouvé le texte de 2011 d'Erell Le Noach.. J'aime beaucoup ton approche, le ton léger et grave, pour dire.

Nounedeb 06/06/2015 13:25

J'aime beaucoup Philippe Jacottet, mais je ne connaissais pas ce magnifique texte. Merci, Alice, de l'avoir fait connaître.
Amitiés.
Nounedeb.

Martine 06/06/2015 04:42

Bonjour Alice,

Je fais le même souhait que Jill.
Ecouter avec son coeur. L'ouvrir tout grandà la beauté des choses, à l'amour des autres. C'est le seul bagage que nous pouvons emporter.
Que de belles images dans ce texte! Quelle plume magnifique
Merci Alice
Bises
Martine

jill bill 05/06/2015 19:32

Bonsoir Alice... au jour de notre mort, j'aimerais m'y enfoncer tout en douceur, mais on ne choisit pas, merci.... amicalement, jill

Alice 05/06/2015 20:09

Bonsoir Jill ! "nul ne sait "----- qui chante ?------ Seul celui qui ne recherche ni possession, ni pouvoir peut l'entendre avec son coeur, l'âme du poète ? belle soirée à toi , merci de ton passage alice

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