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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 14:40

Ches les "Croqueurs de mots" , poésie du jeudi

 

Mille, et mille bouillons, l'un sur l'autre poussés,

Tombent en tournoyant au fond de la vallée ;

Et l'on ne peut trop voir la beauté signalée

Des torrents éternels, par les Nymphes versés.

 

Mille, et mille surgeons, et fiers, et courroucés

Font voir de la colère à leur beauté mêlée ;

Ils s'élancent en l'air, de leur source gelée,

Et retombent après, l'un sur l'autre entassés.

 

Ici l'eau paraît verte, ici, grosse d'écume,

Elle imite la neige, ou le cygne en sa plume ;

Ici comme le ciel, elle est toute d'azur ;

 

Ici le vert, le blanc, et le bleu se confondent ;

Ici les bois sont peints dans un cristal si pur ;

Ici l'onde murmure, et les rochers répondent.

 

 

                                                       (Poésies diverses)

 

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 16:25

Saint-Palais-2-040.JPG

 

 

Les ajoncs éclatants, parure du granit,

Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;

Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,

La mer sans fin commence où la terre finit.

 

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid

Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume,

Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,

A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

 

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent des voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

 

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

 

 


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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:42

Pour les Croqueurs de mots, la poésie du Jeudi

 

La-Palmyre-copie-1.JPG 

 

LA SIESTE

 

Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,

Tout dort sous les grands bois accablés de soleil

Où le feuillage épais tamise un jour pareil

Au velours sombre et doux des mousses d’émeraude.

 

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde

Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,

De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil

Qui s’allonge et se croise à travers l’ombre chaude.

 

Vers la gaze de feu que trament les rayons,

Vole le frêle essaim des riches papillons

Qu’enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

 

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,

Et dans les mailles d’or de ce filet subtil,

Chasseur harmonieux, j’emprisonne mes rêves.

 

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 21:24

Pour les Croqueurs de Mots :  La nuit de la Saint Jean , thème choisi par Hauteclaire  

 

Le soleil que sa halte

Surnaturelle exalte

Aussitôt redescend

Incandescent

 

Je sens comme aux vertèbres

S’éployer des ténèbres

Toutes dans un frisson

A l’unisson

 

Et ma tête surgie

Solitaire vigie

Dans les vols triomphaux

De cette faux

 

Comme rupture franche

Plutôt refoule ou tranche

Les anciens désaccords

Avec le corps

 

Qu’elle de jeûnes ivre

S’opiniâtre à suivre

En quelque bond hagard

Son pur regard

 

Là-haut où la froidure

Eternelle n’endure

Que vous le surpassiez

Tous ô glaciers

 

Mais selon un baptême

Illuminée au même

Principe qui m’élut

Penche un salut

 

 

 

Le poème de Stéphane Mallarmé est expliqué ICI et les toiles de Gustave Moreau inspirées par ce poème

Hauteclaire  nous offre de très belles pages  sur Hérodiade de Mallarmé.

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 16:51

  Chez les Croqueurs de mots, jeudi en Poésie, pour Hauteclaire

 

bresil3-059.JPG

 

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

 

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses fontaines.

 

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

 

                                    La Fable du monde (1938)

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 16:11

 arbres-1.03.10-007.JPG

 

                                               I

 

Je n’ai jamais vu d’alouette et je me lève inutilement avec l’aurore. L’alouette n’est pas un oiseau de la terre.

Depuis ce matin, je foule les mottes et les herbes sèches.

Des bandes de moineaux gris ou de chardonnerets peints à vif flottent sur les haies d’épines.

Le geai passe la revue des arbres dans un costume officiel.

Une caille rase des luzernes et trace au cordeau la ligne droite de son vol.

Derrière le berger qui tricote mieux qu’une femme, les moutons se suivent et se ressemblent.

Et tout s’imprègne d’une lumière si neuve que le corbeau, qui ne présage rien de bon, fait sourire.

Mais écoutez comme j’écoute.

Entendez-vous quelque part, là-haut, piler dans une coupe d’or des morceaux de cristal ?

Qui peut me dire où l’alouette chante ?

Si je regarde en l’air, le soleil brûle mes yeux.

Il me faut renoncer à la voir.

L’alouette vit au ciel, et c’est le seul oiseau du ciel qui chante jusqu’à nous.

 

                                               II

 

Elle retombe, ivre-morte de s’être encore fourrée dans l’œil du soleil.

 

 


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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 16:18

 

Chez "les Croqueurs de mots", Jeudis en Poésie

bresil3 062

 

Attendre que la Nuit…

 

Attendre que la Nuit, toujours reconnaissable

A sa grande altitude où n’atteint pas le vent,

Mais le malheur des hommes,

Vienne allumer ses feux intimes et tremblants

Et dépose sans bruit ses barques de pêcheurs,

Ses lanternes de bord que le ciel a bercées,

Ses filets étoilés dans notre âme élargie,

Attendre qu’elle trouve en nous sa confidente

Grâce à mille reflets et secrets mouvements

Et qu’elle nous attire à ses mains de fourrure,

Nous les enfants perdus, maltraités par le jour

Et la grande lumière,

Ramassés par la Nuit poreuse et pénétrante,

Plus sûre qu’un lit sûr sous un toit familier,

C’est l’abri murmurant qui nous tient compagnie,

C’est la couche où poser la tête qui déjà

Commence à graviter,

A s’étoiler en nous, à trouver son chemin.

 

 

                         Les amis inconnus (1934)

 

 

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 16:16

 Pour Brunô "les Croqueurs de mots", poésie du jeudi 

 

  Ciels 14avril 10 009

Photo personnelle : "Le bruit du soleil"

 

-  Ne touchez pas l’épaule

Du cavalier qui passe,

Il se retournerait

Et ce serait la nuit,

Une nuit sans étoiles,

Sans courbe ni nuages.

-  Alors que deviendrait

Tout ce qui fait le ciel,

La lune et son passage,

Et le bruit du soleil ?

-  Il vous faudrait attendre

Qu’un second cavalier

Aussi puissant que l’autre

Consentit à passer.

 

             (Les Amis inconnus)

 

 


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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:34

 

Parfois  reste une bête

douce et triste en un coin vert

personne ne sait

d’où elle vient

un bruit de feuillage l’effraie

de ses pattes à doigts griffus

elle foule une fleur très petite

sans la voir

puis la nuit recouvre tout.

 

                              Présent Jour

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 17:23

Elle sort d’une touffe d’herbe qui l’avait cachée pendant la chaleur. Elle traverse l’allée de sable à grandes ondulations. Elle se garde d’y faire halte et un moment elle se croit perdue dans une trace de sabot du jardinier.

Arrivée aux fraises, elle se repose, lève le nez de droite et de gauche pour flairer ; puis elle repart et sous les feuilles sur les feuilles, elle sait maintenant où elle va.

Quelle belle chenille, grasse, velue, fourrée, brune avec des points d’or et ses yeux noirs !

Guidée par l’odorat, elle se trémousse et se fronce comme un épais sourcil. Elle s’arrêta au bas d’un rosier.

De ses fines agrafes, elle tâte l’écorce rude, balance sa petite tête de chien nouveau-né et se décide à grimper.

Et, cette fois, vous diriez qu’elle avale péniblement chaque longueur de chemin par déglutition.

Tout en haut du rosier, s’épanouit une rose au teint de candide fillette. Ses parfums qu’elle prodigue la grisent. Elle ne se défie de personne. Elle l’accueille comme un cadeau.

En, pressentant qu’il fera froid cette nuit, elle est bien aise de se mettre un boa autour du cou.



                                                                                          Histoires naturelles



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