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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 16:05

 

 

 

Chapitre XI – La soirée dans le bureau et au salon

« Le jour tombait déjà lorsque nous arrivâmes à la maison. Maman se mit au piano ; nous, les enfants, nous apportâmes du papier, des crayons, des couleurs et nous installâmes autour de la table ronde pour dessiner. J’avais seulement du bleu foncé ; malgré cela, j’entrepris de représenter la chasse. J’avais campé de façon très expressive un petit garçon bleu foncé, monté sur un cheval bleu foncé, des chiens bleu foncé, mais je n’étais pas sûr qu’on pût dessiner un lièvre bleu foncé ; aussi courus-je vers le bureau de papa pour lui demander conseil. Il était en train de lire ; à ma question : « Y a-t-il des lièvres bleu foncé ? » il répondit sans lever la tête : « Oui, mon ami, oui. » Revenu à ma place, j’esquissai un lièvre bleu, puis je jugeai utile de le transformer en buisson. Le buisson me déplut tout autant ; j’en fis un arbre, de l’arbre une meute, de la meute un nuage, et pour finir, barbouillai tellement mon papier de peinture bleue que de dépit je le déchirai et allai faire un somme dans le fauteuil Voltaire. »

 

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 19:25

 

Enfance est la première œuvre de Tolstoï, rédigée à 24 ans.  Tolstoï dans ce livre qui est une fiction se projette dans l’enfant de 10 ans, Nicolas Irteniev . A travers la vie de l’enfant que nous suivons dans une journée complète qui se déroule sur treize chapitres, nous découvrons les coutumes russes d’une famille aristocratique vivant à la campagne, puis pour les études des enfants,  se déplace à Moscou, où fêtes et bals se succèdent. Enfin, le décès de sa mère restée à la campagne, verra le retour de la famille .

Tolstoï étudie l’univers spirituel de l’enfant et son développement psychologique. Un sujet qui lui tient à cœur puisqu’il ouvrira une école pour les enfants des paysans de son domaine et créera des méthodes éducatives adaptées à leur société.

L’écrivain écrira des livres étroitement  liés à sa vie en Russie : les guerres, les conflits entre les propriétaires et paysans, Il y dénonce l’artifice des conventions qui régissent les classes privilégiées. Après son mariage avec Sophie Behr, il entame les grands romans Guerre et Paix, achevé en 1869, puis Anna karénine (1873-1877). Tolstoï  en 1877  entre dans une période de grande dépression ; il pense que la foi peut l’aider et rédige sa propre religion et ses principes. D’autres thèmes touchant à la vie du peuple russe  frappé par la famine le mène à « Que devons-nous faire ? » (1883) Il continuera à publier des livres jusqu’à la fin de ces jours (1910) sur les structures sociales de la  société russe.

A propos de son écriture, cette citation en donne une réalité :

« Quand on lit Dostoïevski, on croit entendre l’auteur haleter, en proie à une passion inavouable, quand on lit Tolstoï, on écoute le souffle régulier du marcheur qui avance sans se presser sur la grande route ».  Henri Troyat

Extrait d’Enfance

Chapitre II Maman

« Ma mère était assise dans le salon et versait le thé ; d’une main elle tenait la théière, de l’autre le robinet du samovar d’où l’eau coulait, débordant de la théière sur le plateau. Mais, quoiqu’elle regardât avec attention, elle ne s’en apercevait pas ; elle n’avait pas remarqué non plus notre arrivée.

Tant de souvenirs du passé surgissent lorsqu’on essaye de ressusciter en imagination les traits d’un être aimé qu’on voit ceux-ci confusément à travers ces souvenirs comme à travers des larmes. Ce sont les larmes… de l’imagination. Lorsque je m’efforce de me rappeler ma mère telle qu’elle était à cette époque, je vois seulement ses yeux marrons, qui exprimaient toujours la même bonté et le même amour, un grain de beauté qu’elle avait sur le cou, un peu plus bas que l’endroit où bouclaient de petits cheveux, son étroit col blanc orné de broderies, sa main sèche et tendre qui me caressait si souvent, que si souvent je baisais ; mais  l’expression d’ensemble m’échappe. »

Tolstoï a perdu sa mère la  comtesse née princesse Marie Volkonski à l’âge de deux ans, et son père le comte Illitch Tolstoï à l’âge de 9 ans. La littérature est d’abord pour le jeune Tolstoï un instrument d’auto-analyse et d’auto-détermination.

 

Pour en savoir plus sur le contexte historique de Guerre et Paix : une carte animée

http://www.histoirealacarte.com/demos/tome01/index.php

Sur la propriété IsnaIa Poliana, visite de la maison de Tolstoï  

http://www.russie.net/russie/yasnaia_poliana.htm

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 22:00

En participation au défi n°30 d'Adamante pour les Croqueurs de mots :" Ecrire une atmosphère de légende" je vous livre un extrait du "Lait Noir" d'Elif Shafak, auteure turque.

Elif Shafak relate dans cet extrait, comment la jeune accouchée aux prises avec la dépression post-natale est entourée par sa famille pour lutter contre les djinns, mauvais esprits qui menacent la jeune maman.

« Les anciens étaient au fait de tout cela. Nos grands-mères et les grands-mères de nos grands-mères connaissaient cette solitude. C’est ce qui explique leur insistance à placer la nouvelle accouchée sous bonne garde. Jamais on ne la laissait seule dans une chambre, sans prières ni soutien. Autrefois, on veillait non seulement sur l’enfant mais également sur la mère. Comme les femmes savaient que la plus grande ennemie de la nouvelle accouchée était elle-même, c’est-à-dire sa propre âme, elles l’occupaient sans cesse à quelque chose. Pour que son âme ne trouve pas l’occasion de s’exprimer, pour ne surtout pas lui en laisser l’occasion.

Jadis, on installait la nouvelle accouchée sur un lit en laiton. A la tête du lit, on nouait des colifichets en verre comme le mauvais œil, des sachets de cumin noir et, de part en part, une ficelle garnie de clochettes. Mère, sœur, tante, nounou, belle-mère… au moins deux femmes âgées se tenaient impérativement à son chevet.

Lorsque les mauvais djinns venaient s’en prendre à la nouvelle accouchée, ils tournoyaient dans la chambre et se suspendaient à la corde à clochettes. Celles-ci se mettaient alors à tinter. Les graines de cumin se répandaient sur le sol. Une sorte d’alerte rouge ! Comprenant que les djinns avaient lancé leur assaut, les vieilles femmes accouraient aussitôt et tiraient sur l’autre bout de la corde.

Les djinns tiraient d’un côté, les vieilles femmes de l’autre. Là où pesaient les djinns étaient les cauchemars, les angoisses et les suspicions.. Là où s’accrochaient les vieilles femmes étaient la paix du cœur, le bonheur et la prospérité… La nouvelle accouchée était ballottée, tiraillée entre les deux comme un pantin sans volonté.  Ce combat durait quarante jours. On suait sang et eau. Mais quelle que fût la violence de cette lutte acharnée, il fallait absolument se cramponner au câble d’Allah et surtout ne jamais abdiquer. Ainsi peu à peu, les djinns abandonnaient la partie. Ils lâchaient la corde et s’en allaient poursuivre  d’autres victimes. C’est seulement alors que la nouvelle accouchée sortait du purgatoire…

-         Je vais mieux, murmurait-elle enfin. Ne vous inquiétez pas, me voilà rétablie. »

…..

Elif Shafak est née en 1971, vit à Istambul , a publié dix livres.  Dans  le Lait Noir, elle exprime les difficultés d’être mère et écrivain, et parle de toutes ses voix intérieures qui la traversent. C’est aussi le portrait de la société turque avec ses croyances et ses codes. Roman et autobiographie, Elif Shafak étudie toutes les possibilités de son statut, mère et écrivain.

Paru aux éditions Phébus, traduit du turc par Valérie Gay-Aksov

J’ai découvert l’auteur et son livre aux 4èmes Assises Internationales du Roman qui se déroulaient à Lyon du  24 mai au 30 mai 2010. Ces journées présentées par le Monde et la Villa Gillet s’intitulaient « Le Roman, tout dire ?

www.villagillet.net 

 

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 16:08

est un très grand site dédié à la poésie francophone.

Quatre-vingts poètes de tous les horizons ont été choisis pour
cette première anthologie poétique 2008-2009

Parmi ceux-ci, dans l'anthologie, j'ai eu le plaisir de lire les poèmes :

- Nos chemins de sel et de cendre de Viviane Lamarlère

- Un pétale rouge de Philippe VALLET



mais aussi  Juliette Clochelune, Cécile Guivarch, Ali Iken, Lilas, Gertrude Millaire, Hélène Soris
que je remercie particulièrement. pour la rencontre dans l'atelier d'écriture "La langue de Travers".






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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 17:46

Samedi 29 Août 2009, Fanny Tonnelier dédicaçait son livre,
"
Raoul Tonnelier, une vie d'artiste"
à la maison de la presse de Gennes dans le Maine et Loire.

Dans le grenier-mémoire de sa maison, Fanny découvre plusieurs caisses emplies de toutes  sortes de papiers, traces de la vie de son beau-père Raoul Tonnelier.

De nombreux tableaux de l'artiste- peintre sont présents sur les murs, s'impose
 alors à Fanny Tonnelier, l'idée d'écrire la
biographie de cet homme à la fois
si proche du couple, et si peu connu d'eux dans l'itinéraire de sa vie d'artiste.

Une biographie de 96 pages, illustrée de tableaux, dessins et photos va naître, rendant hommage à l'homme et l'artiste, portraitiste, paysagiste et grand amateur d'antiquités.

Pour donner suite à ce travail minutieux, une exposition
est prévue à Paris de décembre 2010 à Janvier 2011.

Rappelons l'heureuse initiative de François Tonnelier, créateur
des "Heures musicales de Cunault"

 

 


"Raoul Tonnelier, une vie d'artiste" de Fanny Tonnelier Gannat, éditions Opéra,
96 pages, 22 euros. 

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 17:23
Sonia Chiambretto travaille sur le recueil de témoignages, de traversées européennes, de passages aux frontières, de diverses communautés en lien avec la guerre et l'exil.
Chto interdit aux moins de 15 ans est le premier livre d'une trilogie.

CHTO interdit aux moins de 15 ans

 

Ils ont dit [les policiers R] :

Oh

Pourquoi tu ne me regardes pas

Quoi

Tu as vu un fantôme ou quoi

Quoi

 

Ils ont bu

Ils ont fumé

Ils sont comme fous

COMME  CA

 

Ils [les policiers R} articulent avec la bouche :

Pourquoi êtes-vous venues ici

Pourquoi faites-vous la guerre avec nous



Sonia Chiambretto - CHTO interdit aux moins de 15 ans
Edition Inventaire-Invention


 
 

Une fois sur la page, le lien est à droite "télécharger le son"

Sonia CHiambretto lit son texte,  lecture suivie d'un entretien avec Patrick Cahuzac éditeur d'Inventaire-Invention qui publie après "CHTO  interdit aux moins de 15 ans", "Douze Soeurs slovaques" et "Mon Képi Blanc"

Merci à Anne-Cécile pour le lien.





Alice
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 21:29


"Ecrire, créer, regarder l’insondable. Inventer une phrase

qui déferle. Il faut qu’il y est un monde intérieur.


Jeter les mots sur la page et
entendre le bruit de la c
                                    h
                                 u
                                                                         
                                  t
                                        e


                                                     "



extrait de "L'écoute intérieure" de Michel Chailloux
édition Fayard




                                                                           

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 18:27

Voici un jeu avec contraintes présenté par les membres de l'Oulipo,
 dans les "Jeudis de l'Oulipo" à la BNF, Jeudi 2 Octobre 2008.


Il s'agit d'un enchaînement de quatre homosyntaxismes qui aboutissent inéluctalblement
à un cinquième qui se trouve être également une homophonie et qu'il faut découvrir.

Quelques villes célèbres sous forme de devinettes sont présentées ci-dessous :

Une retint l'attention des oulipiens, parce que difficile ou emblématique ?

La voici :


Pisse homme de peu de foi
Vomis dévot
Crache bigot
Expectore grenouille


Dont l'inéluctable solution homophonique était bien :

Chie        cagot

Les oulipiennes et oulipiens décidèrent donc que cette contrainte serait nommée selon
son modèle, un
chicago.



Pâtes saumon
Coquillettes thon
Spaghettis anguille
Tagliatelles espadon

Nouilles    orque


Pied de montagne
Lisière de plaine
Plage de mer
Confins des terres

Bord        d'eau


L'os en terrine
L'os en ragoût
L'os en cocotte
L'os en daube

L'os en gelée


de Paul Fournel § Jacques Roubaud
Extrait de Chicagos - La Bibliothèque Oulipienne n° 152

et inéluctablement ...le blog d'Etienne http://ces-nains-portent-quoi.over-blog.com/ 
cela va de soi ! :-)

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 14:31




Il existe une expression ou jour est synonyme de nuit, voyez-vous laquelle ?






Réponse :

à la tombée du jour, à la tombée de la nuit



                          __________________
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 16:09
L'association Littérature & Poétiques
est heureuse  de vous inviter à une lecture-rencontre avec l'écrivain
 
Jean-Pierre Siméon
le mardi 8 avril, à 20h
18 rue Basse St Pierre, à Saumur (49)
entrée gratuite
livres de l'auteur disponibles dès le samedi 5 avril (et le soir-même) dans la petite librairie informelle (même adresse).
 
Vous trouverez ci-dessous quelques informations biobibliographiques ainsi que des extraits de textes.
Des informations plus complètes sont disponibles sur les sites des éditions Cheyne : www.cheyne-editeur.com
ainsi que sur le site du Printemps des Poètes : www.printempsdespoètes.com
 
 
Jean-Pierre Siméon est né à Paris en 1950. Il a enseigné longtemps à l'IUFM de Clermont-Ferrand et a créé là-bas "la semaine de la poésie". Il est l'auteur de romans, de pièces de théâtre, d'essais (éd. Les solitaires intempestifs) et de nombreux livres de poésie publiés aux éditions Cheyne, où il est également directeur de la collection Grands Fonds avec Jean-Marie Barnaud. Il est aussi directeur national du Printemps des Poètes.
Un certain nombre de ses poèmes sont présents dans des manuels scolaires.
Cette rencontre est organisée avec la complicité de l'équipe de la culture de la Mairie de Saumur.
En effet, une des pièces de JP Siméon, Stabat Mater Furiosa, sera donnée au Théâtre de Saumur le jeudi 10 avril, à 20h.
 
"La poésie ne veut pas vous distraire ou vous divertir, c'est-à-dire vous aider à oublier les choses graves. Au contraire, elle ne vous parle que de choses graves, elle vous parle, les yeux dans les yeux, de ce dont personne n'ose vous parler, sauf peut-être vos meilleurs amis, parce que justement c'est trop grave : la mort qui rôde autour de vous, le désir qui fait trembler vos doigts, le terrible silence du ciel dans la nuit, le rêve d'un baiser, la solitude dont on ne sort pas, ce grand silence au fond de soi dont on ne sait que faire, la joie étrange, stupéfiante, de se sentir soudain heureux pour rien dans le soleil. Soyez-en sûrs : la poésie n'est pas une berceuse, elle n'a pas de précautions, elle va droit au but et met les pieds dans le plat de l'existence."
Jean-Pierre Siméon
extrait de Aïe, un poète
 
Ainsi les feuilles sont vivantes
elles tremblent leurs travaux
sont modestes
 
devant la gloire très douce
attentive à la branche
la procession des vents
vaut si peu
 
ainsi les feuilles petites
tremblent
 
comme font
nos lèvres
 
disait la femme
aimante
qui marchait dans la guerre
 
Jean-Pierre Siméon
extrait de Un homme sans manteau
éd. Cheyne
 
Quand je serai très vieux
dans le très vieux matin
d'une très vieille ville
 
j'irai comme un ivrogne
me tenant au mur défait
de la mémoire
 
et cette ivresse en moi
sera comme une enfance
 
            Cette envie
     de crier pour rien
dans le ciel clair
 
et cette faim gourmande
de tout ce qui commence
ce tout ce qui s'éveille
pour préserver le ciel
 
Jean-Pierre Siméon
extrait de Un homme sans manteau
éd. Cheyne
 
 
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