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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 14:22

 

 

Conte de Guy de Maupassant publié pour la première fois sous le titre En canot en mars 1876 dans Le Bulletin français. L'Intransigeant illustré le publia sous son titre définitif le 26 juin 1891.

J'ai choisi deux extraits de cette nouvelle lue par Aurélien Wilk, jeune acteur,  à l'occasion de la rencontre-causerie animée par  Nadine Satiat,      écrivain, et Jean-Yves Clément, directeur littéraire de Livre et Vin, dans le cadre d'un "Ecrivain dans la ville" en prélude aux Journées nationales du Livre et du Vin.  

 

 

"Un soir, comme je revenais tout seul et assez fatigué, traînant péniblement mon gros bateau, un océan de douze pieds, dont je me servais toujours la nuit, je m'arrêtai quelques secondes pour reprendre haleine auprès de la pointe des roseaux, là-bas, deux cent mètres environ avant le pont du chemin de fer. Il faisait un temps magnifique ; la lune resplendissait, le fleuve brillait, l'air était calme et doux. Cette tranquilité me tenta ; je me dis qu'il ferait bien bon fumer une pipe en cet endroit. L'action suivit la pensée ; je saisis mon ancre et la jetai dans la rivière.

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Cependant la rivière s'était peu à peu couverte d'un brouillard blanc très épais qui rampait sur l'eau fort bas, de sorte que, en me dressant debout, je ne voyais plus le fleuve, ni mes pieds, ni mon bateau, mais j'apercevais seulement les pointes des roseaux, puis, plus loin, la plaine toute pâle de la lumière de la lune avec de grandes taches noires qui montaient dans le ciel, formées par des groupes de peupliers d'Italie. J'étais comme enseveli jusqu'à la ceinture dans une nappe de coton d'une blancheur singulière, et il me venait des imaginations fantastiques. Je me figurais qu'on essayait de monter dans ma barque que je ne pouvais plus distinguer, et que la rivière, cachée par ce brouillard opaque, devait être pleine d'êtres étranges qui nageaient autour de moi. J'éprouvais un malaise horrible, j'avais les tempes serrées, mon coeur battait à m'étouffer ; et perdant la tête, je pensai à me sauver à la nage ; puis aussitôt cette idée me fit frissoner d'épouvante. Je me vis perdu, allant à l'aventure dans cette brume épaisse, me débattant au milieu des herbes et des roseaux que je ne pourrais éviter, râlant de peur, ne voyant pas la berge, ne retrouvant plus mon bateau, et il me semblait que je me sentirais tiré par les pieds tout au fond de cette eau noire."

 

 

 

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Published by Alice.L - dans Littérature
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26 mars 2006 7 26 /03 /mars /2006 21:39

 

  

L'Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel

 

- Vous reprendrez bien un peu de thé ? Propose aimablement le Samovar,

- Volontiers, acquiesce  la Tasse de Chine charmée,

- Vraiment il y en a qui ne font que se prélasser maugrée la Machine en plein essorage,

- Taisez-vous donc et écoutez-moi plutôt, sonnent les six heures de la Pendule,

- Toujours à attirer l’attention sur elle, ironise le Canapé, je prends le temps moi, et l’on m’oublie parfois,

- Faites la paix, ne vous disputez plus, sourit le Bouquet de fleurs, et toutes les Fleurs de s’incliner gracieusement,

- C’est vrai çà ! Respectez ceux qui travaillent !  Coupe d’une voix fluette, la Danseuse virevoltant sur le miroir de la boîte à musique, sans cesse vous nous narguez !

- Je suis si fatigué soupire l’Homme plié posé sur le buffet.

- Tout de même, vous exagérez dit le Tableau, regardez-moi : « Ce dimanche à la campagne en famille » un bel  après-midi d’été,

- Bien d’accord avec vous, Tableau ! Murmure à voix basse la Bibliothèque.

- Je suis si fatigué soupire à nouveau l’homme plié posé sur le buffet.

 - Il y a de l’électricité dans l’air dit le chat au poil hérissé.

- Et si je  jouais un air de guitare, propose la petite fille  en berçant sa Poupée

- Oh oui, répond celle-ci  en clignant délicatement les yeux dans un demi-sourire béat. 

 

- Je préfère le piano s’exclame son frère !

- Une autre fois,  admit la petite fille.

 

 

Alice

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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 22:18

 

 

 

A marée basse, sur le rivage, bois flottés, algues et coquillages baillent au soleil, en écoutant la mer.

Un jeune serpent de mer, charmé, hardi, s'approche,  l'étoile de mer, l'air de rien le repère, l'apostrophe d'une mer de mots à faire fuir un régiment de mercenaires !

A marée haute, les vagues étirent leurs rouleaux sur le sable, dans l'espoir de perdre quelques kilos !

Au large, les fonds marins se reposent, tapis d'éternité,  témoins des humeurs de la belle mer, ils en voient de toutes les couleurs, rouge ! noire ! bleue !

 

Ce mercredi-là, justement, avis de tempête, la mer au-dessus est toute meringuée. Une onde amère secoue les bateaux, ce n'est pas une mer de Demoiselle ! Les marins peu craintifs devant la Méditerranée en furie, attendent patiemment la mer belle à peu agitée, avant de s'en servir.

 

 

Alice

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 11:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Au coin de la pièce, l’homme rêve à des jours meilleurs.
 
      Les lignes des barreaux s’opposent aux barres des jours...

 

        

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 10:07

 

 

Entrez dans l'univers de Xavier Malbreil, auteur multimédia, créateur.

 

Nuages...

 

http://www.0m1.com/10_poemes_en_4_dimensions/page1.htm#

Cliquer sur le texte pour avancer vers un autre poème

 

Après la neige...

 

http://www.0m1.com/Formes_libres/formlibr51.htm

 

Cliquez sur la moitié droite de la bannière pour progresser de page en page dans "Formes libres flottant sur les ondes"

Cliquez sur la moitié gauche de la bannière pour appeler le menu de "Formes libres flottant sur les Ondes". Doublecliquez pour le faire disparaître.

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 17:34

Suite de l'épisode "du radiateur"

 

Laure surveille la maisonnée. Avec sa sévérité, son intransigeance, elle gouverne la famille : Alice sa fille, les trois enfants, son mari Antoine. 

 

Antonio Bianchi a quitté  à  l’âge de quatorze ans son pays natal. : la Suisse italienne. Cet homme trapu, fort, a la bonhomie de celui, issu d’une famille nombreuse. Homme accueillant, jovial, il s’est vite adapté à la France et a appris son métier de chauffagiste avec enthousiasme. 

 

L’installation du chauffage et de l’eau chaude dans l’appartement ont amélioré ses relations avec sa belle-mère. Pendant un temps, elle lui reconnaît une certaine utilité. La nature souple d’Antoine reçoit sans sourciller la sévérité de celle (il le devine)  qui a gardé une forte rancœur à l’encontre des hommes. 

 

La mère et sa fille cousent tous les vêtements de la famille, robes, pantalons, chemises, chapeaux…Alice ne dit rien, elle obéit à sa mère. 

 

Antoine a de nombreux chantiers et s’affirme dans son travail. Courageux, enthousiaste, il ne veut pas en rester là.

Le soir, il étudie les plans des installations de chauffage, Alice, près de lui, suit du doigt les circuits compliqués.

Il achète une machine à écrire, une Remington, une machine à calculer, Alice apprend à taper à la machine, à rédiger les devis, les factures.

Il se met à son compte : artisan chauffagiste. Alice devient son bras droit. Laure occupe sa place de grand-mère.

Alice

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Published by Alice.L - dans Récit de vie
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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 10:24

Autour de Barbara, se présentent les chanteurs ; après Cali, Pierre Vassiliu, Daniel Balavoine, chacun, leurs caractères, leurs personnalités...Robert Charlebois arrive sur ces entrefaites !

 

Près d’eux, (ils ne l’ont pas remarquée),   assise sur un banc,  Zazie dévoile ses pensées.

 

SUR TOI


J'écris sur ce que j'endure
Les petites morts, sur les blessures
J'écris ma peur
Mon manque d'amour
J'écris du coeur
Mais c'est toujours

Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse

A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé

On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés

J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps

J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir

On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau

J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin

Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va

On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi

 

 

ZAZIE

 

http://www.paroles.net

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12 mars 2006 7 12 /03 /mars /2006 18:19

 

 the magpie by claude monet

 Claude Monet - La pie - (1869) Musée d'Orsay

 

Par la fenêtre, le givre sur les toits annonce une nouvelle journée d'hiver,  sans soleil. L'appartement, orienté  Nord,  ne reçoit guère de lumière. La bonne odeur de  cire qui saisit à l'entrée de la pièce, atténue la sensation de froidure.  

 

Les deux femmes assises autour de la table, soufflent sur leurs tasses de thé brûlant, leurs doigts s'imprègnent de la chaleur. 

 

Ce rituel accompli, comme tous les jours à seize heures, la plus jeune se lève, resserre son châle autour d'elle, et d'un pas raide va laver les tasses. Un frisson la saisit quand l'eau glacée coule entre ses doigts. La plus âgée, recroquevillée dans son fauteuil, saisit sa broderie. L'aiguille traverse brusquement l'étoffe, elle pique le tissu roide à petits coups rapides. 

 

Dans la pièce silencieuse, les deux femmes apprivoisent le froid, toutes à leur ouvrage. 

 

Le soir tombe, il est temps d'arrêter. Le feu de la cheminée menace de s'éteindre. La plus âgée ajoute les précieuses bûches. Celles de la nuit. 

 

Près de l'âtre, il est bon de se détendre, de laisser les corps absorber la douce chaleur. Dehors, les toits blanchissent, la température continue de descendre. 

 

Assises, détendues, des frémissements d'aise laissent deviner leurs pensées joyeuses. Comme si le courant passait de l'une à l'autre, leurs songes se rejoignent. 

 

Le radiateur, objet de leurs pensées, est mesuré, palpé, caressé, frotté. 

 

-         Ils viennent demain dit la plus âgée !

-         Oui, demain, à huit heures, ils commencent par l'entrée !

-         Et puis la cuisine, reprend la mère,

-         La cuisine et ensuite la chambre, rassure sa fille

-         Mais, combien de temps dure l'installation, s'inquiète la mère

-         Quelques jours, ce ne sera pas très long dit sa fille. 

 

Par la fenêtre, le givre sur les toits annonce une belle journée d'hiver. 

 

Les deux femmes chuchotent à voix basse, leurs mains habiles travaillent vite. Déjà, le papillon brodé apparaît. 

 

La mère se cale plus droite dans son fauteuil, pendant que sa fille lui offre le thé de seize heures. Celle-ci se lève pour laver les tasses, et prolonge le bienfait de l'eau chaude sur ses doigts. 

 

Sa mère sourit,  enlaçant sa fille, l'entraîne encore une fois vers "l'extraordinaire" radiateur.

                                                                                                                                                    

 

 

 

 Alice

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11 mars 2006 6 11 /03 /mars /2006 20:04

 

Alain Mabanckou, rappelle que la francophonie désigne non seulement des Lettres venues d'Ailleurs mais aussi des manières de voir le monde autrement.

 

Lors de sa conférence donnée à la Bibliothèque Nationale de France sur le thème de la francophonie, Alain Mabanckou, avec beaucoup d'humour décrit le parcours difficile de l'écrivain francophone :

 

"L'écrivain francophone vient au monde par le biais de la littérature française, cherche sa place dans la littérature francofrançaise... Pour y arriver, il doit montrer ses biceps dans l'arène des Lettres françaises, sinon il restera toujours le Rabelais tropical ! "

 

Alain Mabanckou est l'auteur d'African Pscho (éd. le Serpent à plumes, rééd. Points Seuil) et   de Verre cassé (éd. du Seuil, rééd. Points Seuil) Il enseigne aujourd'hui la littérature francophone aux Etats-Unis, à l'université du Michigan-Annn Arbor.

 

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6 mars 2006 1 06 /03 /mars /2006 19:30

  

  

 

Naissance de la francophonie

 

 

"Ëtre à l'intérieur et à l'extérieur de la littérature française, être en dialogue avec elle" : la définition de la francophonie par l'abbé Grégoire, au tournant du XVIIIe siècle, vaut encore aujourd'hui. 

 

De la littérature des Nègres (1808) publie en conclusion, un plaidoyer pour la création d'une littérature étrangère de langue française et pour une ouverture aux auteurs étrangers.  

 

Grégoire déplore en effet qu'aucune place ne soit faite en France aux littératures étrangères en général et que nos « dictionnaires historiques qui ne sont guère que des spéculations financières » ne mentionnent « aucun auteur nègre ».

Ce regret porte en creux toutes les caractéristiques d'une histoire de la littérature francophone. 

 

La littérature francophone s'inscrit dans la béance de l'histoire occidentale dont elle rappelle la part oubliée, négligée ou niée des peuples réduits par les esclavages, les colonisations successives et la supériorité autoproclamée des civilisations occidentales. 

 

En créant la première anthologie de  littérature qui présente les auteurs et leurs oeuvres en fonction de leurs rapports au monde européen en général et français en particulier, l'abbé Grégoire invente un modèle qui va être repris par les écrivains francophones coloniaux et postcoloniaux cent cinquante ans plus tard. 

 

 

1808 : L'abbé Grégoire publie «  De la littérature des Nègres » plaidoyer pour une littérature étrangère de langue française, dont celle des auteurs nègres. 

 

1848 : Décret d'abolition de l'esclavage promulgué par Victor Schoelcher.  

 

1880 : Onésime Reclus, géographe, invente le mot  « francophonie » dans son ouvrage France, Algérie, Colonies.

 

 

 

 

 

 

Dossier : Défense et illustration des langues françaises, dossier coordonné par Valérie Marin La Meslée - le magazine littéraire - Mars 2006

 

 

http://www.magazine-litteraire.com/ 

 

 

 

 

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