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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 15:08

 

 

Carson Mac Cullers  (1917-1967) achève son manuscrit en 1939, publié en 194O, c'est un succès immédiat.

 

Résumé de l'histoire :

5 personnages cherchent un moyen de s'exprimer et de s'unir en esprit avec quelque chose qui les dépasse. L'un des personnages est sourt-muet. C'est autour de lui que s'ordonne le livre. Poussés par leur propre solitude, les quatre autres personnages découvrent en lui une sorte de supériorité mystique, et ils en font leur idéal. Du fait de son infirmité, Singer garde quelque chose de flou, d'imprécis.

Ses amis peuvent donc lui attribuer toutes les qualités qu'ils souhaitent lui voir. Son silence inaltéable a une force d'attraction irrésistible. On peut mettre en parallèle le lien qui unit les quatre personnages à Singer et celui qui unit Singer à son ami sourd-muet Antonapoulos. Seul Singer est capable de découvrir chez Antonapoulos un peu de sagesse et de dignité.  Singer est enitièrement submergé par cet amour. Pourtant les quatre amis de Singer ignorent tout d'Antonapoulos. L'ironie de cette situation grandit lentement et plus le livre progresse, plus elle devient évidente.

"Ils partageaient l'étage d'une petite maison à proximité du quartier commerçant de la ville. Il comprenait deux pièces. Antonapoulos préparait leurs repas sur le fourneau de la cuisine. Les chaises de cuisine droites, simples, servaient à Singer, et le sofa rembourré à Antonapoulos. La chambre était essentiellement meublée d'un vaste lit double couvert d'un édredon pour le gros Grec, et d'un étroit lit de fer pour Singer.

Le dîner durait longtemps parce que Antonapoulos aimait manager et qu'il était très lent. Après le repas, le gros Grec s'étendait sur le sofa et se passait longuement la langue sur chaque dent, par délicatesse, ou pour garder la saveur des ailiments -tandis que Singer lavait la vaisselle.

Le soir, les muets jouaient parfois aux échecs. Singer avait toujours beaucoup apprécié ce jeu et, des années auparavant, il avait essayé de l'apprendre à Antonapoulos. Au début, son ami ne s'intéressa guère aux manoeuvres des diiférentes pièces sur l'échiquier. Puis Singer se mit à cacher sous la table une bonne bouteille qu'll sortait à la fin de chaque leçon. Le Grec ne se fit jamais aux mouvements fantasques des cavaliers ni à l'irrésistible mobilité des reines, mais il retint quelques coups d'ouverture. Il préfèrait les blancs et refusait de jouer quand on lui donnait les noirs. Après les premiers coups, Singer poursuivait la partie tout seul sous le regard assoupi de son ami."

 

Les deux personnages  rappellent un autre tandem célèbre du cinéma.

 

 

 Carson Mac Cullers, Le coeur est un chasseur solitaire - La Cosmopolite - Stock

Alice

 

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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 11:45

 

 

 

"La mort est toujours la même, et chacun, pourtant, meurt de sa propre mort"

 

 

 

Carson Mac Cullers - L'horloge sans aiguilles -  Stock, 1962

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 19:45

 

 

 

 

Des draps blancs dans une armoire

Des draps rouges dans un lit

Un enfant dans sa mère

Sa mère dans les douleurs

Le père dans le couloir

Le couloir dans la maison

La maison dans la ville

La ville dans la nuit

La mort dans un cri

Et l’enfant dans la vie.

 

 

Jacques Prévert – Premier Jour -1945

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Published by Alice.L - dans Poésie française
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 17:56

Dans la solitude du froid, tu t’attables sur un rayon de soleil, une boussole à demi-effacée gît à tes pieds. De tes racines coupées, bras desséchés,  des bouts de rhizome flottent vers un désir de lumière. De longs palabres sont entamés entre toi et ton ciel intérieur. Une lumière mentale apparaît sur ton visage, des traits jubilatoires naissent devant les passerelles semées. Des yeux purs te regardent et t’aident à apprivoiser avec tact les bourgeons à venir.

 

Alice

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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 16:37

 

 

Bien après la paresse des nuits sur les routes des bombes étoilées

 

Toi, l'enfant au visage-détresse

 

        apprivoise les bouts de soleil

        les châteaux de vent

        les charmes écumants

 

résiste aux palabres des traces guerrières,

 

laisse le parfum gracieux de la vie s'attabler près de toi avec tact, 

   

Présage de vie, dans la caresse des jours.

 

 

 

Alice

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 16:22

 

 

"Un visage

mais chaque visage

est la forme de ma vie

et je visage de toi

comme tu visages de moi

plus profond que toute la peau

jusqu'au dedans où les tristes

retrouvent

la matière

des joies"

 

Henri Meschonnic, Tout entier visage, Arfuyen, 2005, p73

 

 

 

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 20:11

 

 

 

Au bord de nous-mêmes, à l’orée du vide inquiétant

L’épaisseur de la peau, peau de chagrin

Pourquoi voyager au risque d’un gros grain

Ou d’un soleil ardent ? 

 

 

Au bord de nous-mêmes, à l’orée du vide inquiétant

Béatitude des habitudes, réservoir du non-étrange

Pourquoi quitter ces plaines aux bords entretenus

Et risquer le bois noir, aux limites inconnues ? 

 

 

Collines, montagnes, rivières, volcans

Paysages intérieurs de l’histoire silencieuse

Dorment en secret dans un cloître emmuré

 

 

Soudain, par la faille, explosions !

Les souvenirs se bousculent, les émotions débordent

Trop-plein de l’âme, trop-plein de la peau

Pas trop de mal tout de même

Nous restons au bord de nous-mêmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Alice

 

 

 

 

 

 

 

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 15:59

 

 

Drame nocturne

En silence, la Nuit d'été s'avance, solitaire et bleue, à travers les ténèbres de la haute forêt.

Elle répand l'argent sur le sentier veiné par les racines.

Elle murmure. Elle dit aux fleurs tremblantes des contes de paix et de bonheur. Et, parmi le bruissement familier des ramures, sa voix résonne douce comme le son des cloches d'un village le dimanche.

Les fleurs écoutent énivrées.

Elles redressent leurs têtes penchées pour, avec gratitude, plonger leur regard dans les yeux pers de la Nuit grave...

 Et les oiseaux tressaillent dans leur sommeil, bénis par la déesse qui dispense les songes. Partout règne la paix...

Aussi paisible que le petit coeur de l'enfant innocent aux yeux clairs, s'étend le monde infini de la Nuit...

Mais là, gigantesque, grise, une levée de terre coupe la forêt.

Sur la meurtrissure de ce remblai glissent deux serpents luisants.

Rainer Maria Rilke  - Serpents d'argent -  Edition Desjonquères

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 20:39

Pour l'été, une rediffusion :-)

Le fou regarde la tour, et se demande bien comment l’aborder… Elle s’élance dans le ciel et découpe un pan de pierres qui bloque le regard. Une montagne de pierre infranchissable murmure le fou pensif…La clarté du jour l’oblige à cligner les yeux, si bien qu’il ne voit pas l’ombre du cavalier se profiler à son côté.

- Holà ! Que cherchez-vous donc par ici ? Prononce le cavalier d’une voix au fort accent méridional en arrêtant sa monture près du fou.

- Je viens pour escalader cette tour dit le fou d’un air décidé !

- Projet insensé ! Vous voyez bien qu’elle est imprenable !

- Mais la reine est prisonnière et je dois la délivrer !

- Ce n’est pas votre affaire, c’est celle du Roi !

Le fou serre les poings dans les poches de son habit noir, baisse la tête, l’ air sombre.

Le cavalier descend de cheval , contourne le fou, passe les rênes sur la tête d’un arbre mort .

- Allons ami ! Ne faites pas cette tête ! La Reine ne vous attend pas …

- Qu’en savez-vous crie le fou, sautant sur le côté.

- Le cavalier souffle quelques poussières de son habit blanc , et somme le fou de renoncer à son sauvetage.

Le soleil brille haut dans le ciel, l’herbe de la prairie ondule sous la brise légère. Une fenêtre en haut de la tour s’ouvre à la volée, et une silhouette blanche se penche. Au feu ! Au feu ! Crie un pion ! D’un bond , le fou s’élance le long de la paroi , ses mains agrippent les arêtes de pierre, ses pieds raclent le mur ,

- Me voici ! Dit-il tout rouge de l’effort avant de retomber lourdement sur le dos.

Le cavalier rit sous cape , observe le manège du fou.

 

Alice

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 16:24

 

 

 De Moon Palace de Paul Auster, je vous livre cette belle phrase

sur la communication entre individus.

 

 

 

« Comme me l'avait un jour lointain expliqué oncle Victor, une conversation ressemble à un échange de balles. Un bon partenaire vous envoie la balle droit dans le gant, de sorte qu'il vous est presque impossible de la rater ; quand c'est à lui de recevoir, il rattrape tout ce qui arrive de son côté, même les coups les plus erratiques et les plus incompétents. »

 

 

 

Moon Palace  - Paul Auster

 

http://meslectures.over-blog.com/article-410483.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Auster

 

 

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