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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 21:24

Pour les Croqueurs de Mots :  La nuit de la Saint Jean , thème choisi par Hauteclaire  

 

Le soleil que sa halte

Surnaturelle exalte

Aussitôt redescend

Incandescent

 

Je sens comme aux vertèbres

S’éployer des ténèbres

Toutes dans un frisson

A l’unisson

 

Et ma tête surgie

Solitaire vigie

Dans les vols triomphaux

De cette faux

 

Comme rupture franche

Plutôt refoule ou tranche

Les anciens désaccords

Avec le corps

 

Qu’elle de jeûnes ivre

S’opiniâtre à suivre

En quelque bond hagard

Son pur regard

 

Là-haut où la froidure

Eternelle n’endure

Que vous le surpassiez

Tous ô glaciers

 

Mais selon un baptême

Illuminée au même

Principe qui m’élut

Penche un salut

 

 

 

Le poème de Stéphane Mallarmé est expliqué ICI et les toiles de Gustave Moreau inspirées par ce poème

Hauteclaire  nous offre de très belles pages  sur Hérodiade de Mallarmé.

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 15:23

 

Le cerisier

Cerisier-003-copie-1.JPG 

 

Le noyer

Cerisier-009.JPG

 

Le tilleul

Cerisier-008.JPG

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 00:00

 

 

 

Aux points d’illusion, elle coud l’envers de la toile. Les doigts fins et agiles tirent les brins écrus. Le drap neuf s’allonge devant elle, un long fruit d’heures de travail. Son corps accompagne en silence le maniement de l’aiguille. La cotonnade épingle son histoire invisible sans ourdir, sans tramer. Ce serait un foulard léger voletant autour de ses épaules. Chaque  jour, l’assemblage des brins bobinent une nouveauté. Le fuseau dévide son fil d’espoir. A ses pieds, un écheveau  bien ordonné, celui de ses jeunes années. Il n’est pas encore l’heure de renvider les mots, de froisser son visage à chaque passage de la navette, de créper la filasse pour cacher la bure grise de son corps vieilli. Il n’est pas venu le temps d’entoiler, d’apprêter le tissu  masqué des félures. Pour l’instant, avec doigté, elle compte les fils de la frange . Dans l’armoire, sur le  drap de mariage, s’ajoute celui du baptême.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               Alice

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 21:21

 

 

 

 

 

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Jorge Selaron à Rio de Janeiro pour la coupe du monde (mai 2010)

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 16:51

  Chez les Croqueurs de mots, jeudi en Poésie, pour Hauteclaire

 

bresil3-059.JPG

 

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

 

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses fontaines.

 

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

 

                                    La Fable du monde (1938)

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 15:57

Henri Dès chante "l'escargot avec Albert Le Vert" 

un moment de douceur et de poésie avec ce poète musicien.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 14:55

 

 bresil3-034.JPG

 

Mais aussi comme çà

 

 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 14:29

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Norman Rockwell (1894-1978) illustrateur américain

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 22:00

En participation au défi n°30 d'Adamante pour les Croqueurs de mots :" Ecrire une atmosphère de légende" je vous livre un extrait du "Lait Noir" d'Elif Shafak, auteure turque.

Elif Shafak relate dans cet extrait, comment la jeune accouchée aux prises avec la dépression post-natale est entourée par sa famille pour lutter contre les djinns, mauvais esprits qui menacent la jeune maman.

« Les anciens étaient au fait de tout cela. Nos grands-mères et les grands-mères de nos grands-mères connaissaient cette solitude. C’est ce qui explique leur insistance à placer la nouvelle accouchée sous bonne garde. Jamais on ne la laissait seule dans une chambre, sans prières ni soutien. Autrefois, on veillait non seulement sur l’enfant mais également sur la mère. Comme les femmes savaient que la plus grande ennemie de la nouvelle accouchée était elle-même, c’est-à-dire sa propre âme, elles l’occupaient sans cesse à quelque chose. Pour que son âme ne trouve pas l’occasion de s’exprimer, pour ne surtout pas lui en laisser l’occasion.

Jadis, on installait la nouvelle accouchée sur un lit en laiton. A la tête du lit, on nouait des colifichets en verre comme le mauvais œil, des sachets de cumin noir et, de part en part, une ficelle garnie de clochettes. Mère, sœur, tante, nounou, belle-mère… au moins deux femmes âgées se tenaient impérativement à son chevet.

Lorsque les mauvais djinns venaient s’en prendre à la nouvelle accouchée, ils tournoyaient dans la chambre et se suspendaient à la corde à clochettes. Celles-ci se mettaient alors à tinter. Les graines de cumin se répandaient sur le sol. Une sorte d’alerte rouge ! Comprenant que les djinns avaient lancé leur assaut, les vieilles femmes accouraient aussitôt et tiraient sur l’autre bout de la corde.

Les djinns tiraient d’un côté, les vieilles femmes de l’autre. Là où pesaient les djinns étaient les cauchemars, les angoisses et les suspicions.. Là où s’accrochaient les vieilles femmes étaient la paix du cœur, le bonheur et la prospérité… La nouvelle accouchée était ballottée, tiraillée entre les deux comme un pantin sans volonté.  Ce combat durait quarante jours. On suait sang et eau. Mais quelle que fût la violence de cette lutte acharnée, il fallait absolument se cramponner au câble d’Allah et surtout ne jamais abdiquer. Ainsi peu à peu, les djinns abandonnaient la partie. Ils lâchaient la corde et s’en allaient poursuivre  d’autres victimes. C’est seulement alors que la nouvelle accouchée sortait du purgatoire…

-         Je vais mieux, murmurait-elle enfin. Ne vous inquiétez pas, me voilà rétablie. »

…..

Elif Shafak est née en 1971, vit à Istambul , a publié dix livres.  Dans  le Lait Noir, elle exprime les difficultés d’être mère et écrivain, et parle de toutes ses voix intérieures qui la traversent. C’est aussi le portrait de la société turque avec ses croyances et ses codes. Roman et autobiographie, Elif Shafak étudie toutes les possibilités de son statut, mère et écrivain.

Paru aux éditions Phébus, traduit du turc par Valérie Gay-Aksov

J’ai découvert l’auteur et son livre aux 4èmes Assises Internationales du Roman qui se déroulaient à Lyon du  24 mai au 30 mai 2010. Ces journées présentées par le Monde et la Villa Gillet s’intitulaient « Le Roman, tout dire ?

www.villagillet.net 

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 16:11

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                                               I

 

Je n’ai jamais vu d’alouette et je me lève inutilement avec l’aurore. L’alouette n’est pas un oiseau de la terre.

Depuis ce matin, je foule les mottes et les herbes sèches.

Des bandes de moineaux gris ou de chardonnerets peints à vif flottent sur les haies d’épines.

Le geai passe la revue des arbres dans un costume officiel.

Une caille rase des luzernes et trace au cordeau la ligne droite de son vol.

Derrière le berger qui tricote mieux qu’une femme, les moutons se suivent et se ressemblent.

Et tout s’imprègne d’une lumière si neuve que le corbeau, qui ne présage rien de bon, fait sourire.

Mais écoutez comme j’écoute.

Entendez-vous quelque part, là-haut, piler dans une coupe d’or des morceaux de cristal ?

Qui peut me dire où l’alouette chante ?

Si je regarde en l’air, le soleil brûle mes yeux.

Il me faut renoncer à la voir.

L’alouette vit au ciel, et c’est le seul oiseau du ciel qui chante jusqu’à nous.

 

                                               II

 

Elle retombe, ivre-morte de s’être encore fourrée dans l’œil du soleil.

 

 


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