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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:55

Pour Les "Mots de Tête" n°23, de Brunô "les Croqueurs de mots" la consigne est ICI


. 2 versions en référence à Raymond Queneau, "Les exercices de style"

1 - Exclamations !

Tiens ! 11 heures, il est temps d’aller, acheter le pain. Place de l’église, que de monde ! que de monde pour un dimanche matin ! la file d’attente interminable ! et cette mère de famille qui n’en finit plus de choisir ! la boulangère est bien conciliante ! au tour du mari envoyé en mission,  le voilà indécis ! et puis une vieille dame qui resquille sans vergogne ! - parce que ! – parce que ! marmonne-t-elle à la foule silencieuse, contrariée. A moi, enfin ! dimanche prochain, je viendrai plutôt !

 

2 - Ignorance

Depuis combien de temps ? je n’en sais rien ! Quel jour sommes-nous ? m’en souviens-plus ! Quelle heure est-il ? j’ai oublié ma montre ! Cet homme, devant moi, qu’est-ce qu’il désigne exactement ? et cette mère de famille partagée entre la tarte de 8 ou la tarte de 12 personnes, qui peut l’aider ? Me croirez-vous, c’est à cet instant que surgit une vieille dame, passant devant tout le monde ! Qui est-elle pour être aussi sûre d’elle ? et moi, qu’est ce que je fais là ?



. 3ème version en texte libre 

3 - Un parcours difficile

La semaine dernière, cela avait duré plus d’une demi-heure. J’avais eu le temps de voir une vieille dame resquiller tout le monde, un homme indécis devant tous les pains, une mère de famille partagée entre les gâteaux et ses enfants. Ils m’avaient prévenu, l’odeur du pain, la vue des gâteaux appétissants, leur couleur, leur texture, tout cela flatte les sens et déclenche des excitations difficiles à combattre, l’attente, la longue attente, est éprouvante, des sensations de vacillements, de picotements vont peut-être apparaître, mais il faut essayer d’aller jusqu’au bout. Des sueurs froides coulent dans mon dos, le malaise est proche, j’avance de plus en plus péniblement, la foule est compacte, elle s’interpelle, donne des poignées de main, ils m'ont prévenu, je suis de plus en plus mal, envie de vomir, un rayon lumineux devant les yeux,  les ombres blanches me prennent par la main (je n’ai plus très envie de continuer)- stop – c’est trop dur, j’arrête, cela fait bientôt une demi-heure, j’appuie sur le bouton rouge, l’air me manque encore, autour de moi, l’équipe de chercheurs me félicitent – ils m’avaient prévenu : je réagis très bien aux stimulations de l’environnement virtuel.



Chanson : La scène se passe dans une boulangerie

 Avec ceci ? ce s'ra tout !

                                                                                      
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 17:56

 

La Terre quittée, à l’ombre des bras-ailés

Se tend ton corps fragile vers le ciel azuré

Loin du flamboiement mortel

Une douce chaleur attise ta quête de liberté

Les lents battements d’ailes grisent

Ce voyage vers l’éther






          
                                                         Alice



              Pour Juliette En Résonnance : L'envol d'Icare

 

 

Illustration de RC,  ICI



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Published by Alice - dans Poésie
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 17:21

Par les tiges souples du feu
je connais le vent cru
                                         l’Ouest

Je vois par un ramier
j’entends par un renard

Le chat m’ouvre un été

la tulipe un soleil

Par les lèvres vertes de l’eau

et par le corps heureux des pierres
je connais l’issue et l’entrée :
                une population d’oiseaux
                    une mouche dont je suis l'aile


                                          (Demain la veille, 1977)

Luc BERIMONT (1915-1983) « Auteur de plus de vingt recueils de poèmes, membre, dès 1941 de l’école (buissonnière) de Rochefort, avec Cadou, romancier, homme de radio, il est né à Magnac-sur-Touvre, en Charente"


Pour Bruno "Les Croqueurs de mots"
Jeudi en Poésie

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 18:20
082.JPG


Un dimanche à la campagne, tableau de Bernard FLEURY




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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:04
cuba_06_087.jpg

Pour Brunô "Les croqueurs de mots" : A l'occasion de la Saint Valentin, je vous envoie
une photo personnelle  :" le baiser sous la vague", je pense que comme moi vous l'aimerez. 
 
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 12:52



EXISTER


L’heure

L’heure où l’enfant s’arrêtait

de jouer avec des coquillages

étincelait de futur

les valves au-dedans lisse

gardaient l’odeur de la mer

l’on entendait hacher

pour les bêtes les herbes amères

les mouches sur les mots

du calendrier des jours

se posaient entre les murs étanches

et la phrase

se détachait d’entre les lèvres

livrant à l’espace des ondes éternelles.

                               (Exister, suivi de Territoires, 1969)

Jean Follain (1903-1971)

« Plus que tout autre, il a fait le temps prisonnier dans son poème, Un temps prisonnier de l’enfance dans le bourg de Canisy, avant la guerre de 1914. Une sorte de fausse indifférence dans la comptabilité des choses, Avec une lumière d’humilité, un besoin de paix. Une liturgie du détail, où seul le détail conduit à l’universel. »

Pour Brunô,  " les Croqueurs de Mots", Jeudi en Poésie

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 19:58


Dans l'océan de nos jours

Sans douter du temps

Tu goûtes aux caprices d’enfant

Bercée par les vagues et le vent

Il faut bien que jeunesse se passe

Devant l’étendue bleue, le cœur bouillonnant

Tu vois le sens de ta vie

Quand les gouttes de pluie plissent la surface

Tu sèches tes larmes, un nouveau chant jaillit

Bien plus tard  ton corps pèse sur le sable,

déchiqueté par les morsures de la vie.

La tête entre tes mains tu fixes le rivage,

les flots écumants râpent la grève sans trêve

Aux dernières lueurs du soleil couchant

La Mort te prend là

En silence, sur le sable, ses pas  déroulent ton abîme

dans la nuit.



Pour la proposition de Juliette pour Papier Libre :
 Ecrire une poésie contenant "l'océan de nos jours"

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 21:04



"Quand on est artiste, on a le visage du souhait des autres"


"On a l'odeur de café de chacun qui allait à l'école"


L'artiste dévoile au spectateur "une chose qui était déjà en lui, qu'il sait profondément ; il la fait venir à la hauteur de la conscience"
                                                     


                                                                  Christian Boltanski




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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 15:55



Leila Josefowiczenfant prodige, interprête ici une oeuvre de Fritz Kreisler. Ce violoniste autrichien, élève d'Anton Bruckner est admiré pour l'élégance de son jeu, son sens de la phrase mélodique et sa sonorité chatoyante qui contribuèrent à la création d'un style. Il compose dans le style de Pugnani, "Préludes et allegro". Auteur d'innombrables petites pièces pour violon, de nombreux pastiches, opérettes, (Sissi) et des pièces pour violon.

Gaetano Pugnani (1731-1798) est violoniste et compositeur, s'est formé à Turin, sa ville natale et à Rome auprès de Ciampi.Il donne des concerts avec Jean-Chrétien Bach. Composant dans un style proche de Tartini, il laisse un concerto pour violon, de nombreuses pièces pour musique de chambre et plusieurs opéras ou musiques de scène.

J'ai choisi cette oeuvre écoutée à la folle journée de Chopin jouée par Olivier Charlier, violoniste et Haruko Ueda pianiste.



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Published by Alice - dans Musique
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:32

Puisqu’elle tient parfois dans le bruit de la mer

Ou passe librement par le trou d’une aiguille

Aussi bien qu’elle couvre une haute montagne

Avec son tissu clair,

 

Puisqu’elle chante ainsi que le garçon, la fille,

Et qu’elle brille au loin aussi bien que tout près,

Tantôt bougie ou bien étoile qui grésille

Toujours sans faire exprès,

 

Puisqu’elle va de vous à moi, sans être vue,

Et fait en l’air son nid comme sur une plante,

Cherchons-la, sans bouger, dans cette nuit tremblante

Puisque le moindre bruit, tant qu’il dure, la tue.

 

Les Amis inconnus

 

Jules Supervielle

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