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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 08:00

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème libre proposé par

 Jill Bill

 

   

 

Marseille sortie de la mer , avec ses poissons de roche , ses coquillages et l’iode ,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants ,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d’eau marine ,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel ,
Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore ,
Leurs verres , leurs tasses , leurs seaux à glace et leurs alcools ,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut , c’est une grande lumière qui se mêle à la conversation ,
Et réjouit la gorge des femmes comme celle des torrents dans la montagne ,
Il prend les nouveaux venus à partie , les bouscule un peu dans la rue ,
Et les pousse sans un mot du côté des jolies filles .
Et la lune est un singe échappé au baluchon d’un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit .
Marseille , écoute-moi , je t’en prie , sois attentive ,
Je voudrais te prendre dans un coin , te parler avec douceur ,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu
O toi toujours en partance
Et qui ne peut t’en aller ,
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.

 

                              Jules Supervielle - Débarcadère - 1927 

 

 

Jules Supervielle, écrivain français, né à Montévideo en 1884, mort à Paris en 1960. Sa première plaquette de vers, BRUMES DU PASSE, date de 1900. Son oeuvre poétique se continuera entre autres avec COMME DES VOILIERS (1910), LES POEMES DE L'HUMOUR TRISTE (1919), OLORON STE MARIE (1927), LE FORCAT INNOCENT (1930), NAISSANCE (1951) et LE CORPS TRAGIQUE (1959). Ecrivain prolifique, il est egalement auteur de romans (dont LE SURVIVANT, L'ARCHE DE NOE, PREMIER PAS DE L'UNIVERS, L'ENFANT DE LA HAUTE MER) et de pièces de théatre (dont LA BELLE AU BOIS DORMANT et BOLIVAR). Il obtint le prix des Critiques en 1949, pour Oublieuse mémoire, et celui de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre, en 1955.

 

 

 

 

 Source poème : http://www.marseillais-du-monde.org/sortie_mer.php3

 

 

 

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 09:51

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème « Rumeur » proposé par Enriqueta



Départ


Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. — Ô rumeurs et visions
!
Départ dans l’affection et le bruit neufs
  !




 

 

 

Arthur RIMBAUD, Illuminations, 1871
(ouvrage publié en 1886 par Verlaine) in
Œuvres (Mercure de France)

                               

 

S’éloigner des bruits anciens

Où rumeurs écrivent leur noire mémoire désaccordée

Pour écouter les chants  de l’âme

Où douces rumeurs accordent les notes

Du ciel et de la terre, harmonie des saisons

« Dans la voix des oiseaux, dans le cri des cigales* »

De l’enfance et du monde.

  

 

 

 

 

  Alice

 

 

*Les luttes et les rêves" dans Les Contemplations de Victor Hugo

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:44

IMG_2971.JPG

Avec mon cours de dessin, à l’école des Beaux-arts de Saumur, nous avions rendez-vous au musée de la Cavalerie où se déroule actuellement une exposition de Gilles Fromenteil, sculpteur en porcelaine émaillée.  Dans la grande pièce du musée, une longue table revêtue d’un extraordinaire « service de table » composé de soupières, théières, plats. Invité par la Direction de la Culture et du Patrimoine historique de la Ville, comme artiste associé à l’Ecole d’art, Gilles Fromenteil a conçue ce projet sur le thème de la bataille de la Moskowa, ou  bataille de Borodino, sanglante confrontation entre armées française et russe.  

 

 

 

 

 

 

IMG_2973.JPG 

Le modèle que j’ai choisi d’esquisser est celui-ci, les parties sont soudées entre elles.

A la demande des élèves sur le processus  de réalisation de cette porcelaine, voici les étapes qui nous été répondues :

Réalisation d’un moule à partir d’objets banals et domestiques. Ici, le cheval de Barbie et Action Man ont servi pour les œuvres.

Coulage de la barbotine de porcelaine, c'est-à-dire de l’argile blanche sous forme liquide formée principalement de kaolin (roche en poudre)

Montage des différents éléments et séchage

Première cuisson à 800° ou « petit feu »

Emaillage avec un  bleu dit de Sèvres essuyé de manière à souligner le dessin, puis passage d’une « couverte transparente »

Deuxième et dernière cuisson à 1280 ° ou «  grand feu »

 

Gilles Fromenteil mêle les arts de la table et les arts de la guerre, en détournant des objets quotidiens, les théières et lampes rappellent les contes . Avant tout le mouvement du cheval ,  est étudié. L’aspect très actuel des pièces de vaisselle devenues figurines, avive notre curiosité et étonnement.

 

 IMG_2975.JPG

 

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 10:36

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots,  thème "virtuel" proposé par Enriqueta

 

Avant le poème de Charles Baudelaire, j'ai choisi cette citation de Gérard de Nerval

« Le rêve est une seconde vie » 

 

A  Constantin Guys

I

 De ce terrible paysage,
Tel que jamais mortel n'en vit,
Ce matin encore l'image,
Vague et lointaine, me ravit.
Le sommeil est plein de miracles!
Par un caprice singulier,
J'avais banni de ces spectacles
Le végétal irrégulier,
Et, peintre fier de mon génie,
Je savourais dans mon tableau
L'enivrante monotonie
Du métal, du marbre et de l'eau.
Babel d'escaliers et d'arcades,
C'était un palais infini,
Plein de bassins et de cascades
Tombant dans l'or mat ou bruni;
Et des cataractes pesantes,
Comme des rideaux de cristal,
Se suspendaient, éblouissantes,
A des murailles de métal.
Non d'arbres, mais de colonnades
Les étangs dormants s'entouraient,
Où de gigantesques naïades,
Comme des femmes, se miraient.
Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues,
Entre des quais roses et verts,
Pendant des millions de lieues,
Vers les confins de l'univers;
C'étaient des pierres inouïes
Et des flots magiques; c'étaient
D'immenses glaces éblouies
Par tout ce qu'elles reflétaient!
Insouciants et taciturnes,
Des Ganges, dans le firmament,
Versaient le trésor de leurs urnes
Dans des gouffres de diamant.
Architecte de mes féeries,
Je faisais, à ma volonté,
Sous un tunnel de pierreries
Passer un océan dompté;
Et tout, même la couleur noire,
Semblait fourbi, clair, irisé;
Le liquide enchâssait sa gloire
Dans le rayon cristallisé.
Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges
De soleil, même au bas du ciel,
Pour illuminer ces prodiges,
Qui brillaient d'un feu personnel!
Et sur ces mouvantes merveilles
Planait (terrible nouveauté!
Tout pour l'oeil, rien pour les oreilles!)
Un silence d'éternité.

II

 En rouvrant mes yeux pleins de flamme
J'ai vu l'horreur de mon taudis,
Et senti, rentrant dans mon âme,
La pointe des soucis maudits;
La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi.

 

           Baudelaire  (extrait des Tableaux parisiens des Fleurs du Mal)

 

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 20:56
 
 
Voici la scène finale du film de Philippe Claudel, où l'on retrouve la musique baroque.
 
 
Synopsis :
 

Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir.


Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l'existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d'autant plus qu'il est entouré d'une bande de copains dont la fantaisie burlesque l'empêche de se sentir seul.


Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l'amour, sans qu'il s'y attende, tout va basculer pour Alessandro.

 

 

Extrait de l'entretien avec le réalisateur :

 

La musique est l’un des personnages du film. Que pouvez-vous nous dire de la Tarentelle que l’on connaît finalement assez peu en France ?

 

C’est une musique traditionnelle du sud de l’Italie, censée guérir la piqûre de la tarentule, qui redonne de l’énergie à ceux que le venin a affaiblis, qui tente d’extirper la mélancolie des âmes chagrines, qui essaye de calmer les fiévreux, les possédés. Le sujet du film est né du cadeau que m’ont fait, il y a quelques années, des amis en m’offrant le disque de l’Arpeggiata. Il y a une telle magie dans cette musique, un côté tellement charnel, sensible et humain. Les Tarentelles recouvrent toutes les émotions : la joie, la tristesse, la sérénité, l’allégresse… Cette musique m’a inspiré assez vite un personnage de professeur de musique baroque qui vit à Strasbourg.

 

 Source  UGC

 


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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 12:24

 

 

 

 

 

 

 

A la tombée du jour, le bleu

Bleu qui entoure

Et puis l'ocre

Ocre des murs centenaires

Se dessine sur l'eau claire

L'alchimie des pierres

Calme reflet sans aires

En cette journée de printemps

S'allongent les draps de lumière

Sans voile de brume

Le toit au lichen doré

Etale ses années

Absente, la clarté sombre de la vie

Combien d'orages éclatés,

De tempêtes affrontées ?

L'âme des lieux

Ecoute les bruits de l'eau

Du ciel, des hommes,

Rougoie, seule dans le lointain de l'île.

 


 

 

 

 Consigne pour Juliette de Papier libre        

Photo, Saint Cado dans le Morbihan

Texte écrit en 2008,  modifié en 2012                                                                                                                   

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:23
Site officiel de l'Arpeggiata

 

 

La Tarentelle est une danse populaire du Sud de l’Italie, rattachée à la ville de Tarente. Cette danse  était jouée au cours de cérémonies païennes afin de guérir les victimes de morsure d’une grosse araignée commune de cette région.

Au XXe siècle, les formations de musiques anciennes redécouvrent les tarentelles.

L’ensemble L’Arpeggiata de Christina Pluhar offre une nouvelle écoute de cette danse avec l’utilisation d’instruments anciens.

Harpe baroque

Archiluth

Viole de gambe

Guitare baroque

Contrebasse

Psaltérion

Percussions

 

 

 

 

 


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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 17:39

 

 

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème « Dessin » proposé par Tricôtine

 

 

 

 

Parfum de printemps

Elle  dessine

L' aile du papillon

Prêt à s’envoler

 

 

 

 

 

                                                                                                            Alice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inspiration du thème : http://photoplap.over-blog.com/article-papillon-103624983.html

 

Source Photo : http://www.vol-de-papillon.com/papillons/entomologie.php

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 12:15

 

Etude n°12 opus 25 de Chopin, parfois surnommée "l'Océan"

 les deux mains tracent sur le clavier des arpèges

 comparables au fracas des rouleaux.

 

la grande côte Talmont 005

 

 

 

 

Pour Vous


 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 16:33

Défi n°79 chez les  Croqueurs de Mots , thème  « D’encre couleur, à la bonheur » proposé par Tricôtine

« L’air que nous respirons, l’apparence du vide sur laquelle remuent nos figures, l’espace que nous traversons n’est rien d’autre que ce bleu terrestre, invisible tant il est proche et fait corps avec nous, habillant nos gestes et nos voix. Présent jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes, insensible vêtement de notre vie. »

                                                                                                     Jean-Michel Maulpoix

 

 Bleu  

Eté

Brume de chaleur

Sur l’étendue de la mer

Voilier immobile

 

Automne

Le ciel sans nuages

Accord paisible de l’âme

Les feuilles s’envolent

 

Hiver

Souffle du saxo

Les lanternes du soir brillent

Givre sur les toits

 

Printemps

Les cœurs en émoi

Promesses des fiancés

Cerisier en fleur

 

 

 

Texte republié

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