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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 09:00

 

Poésie du Jeudi  chez les "Croqueurs de mots" thème « Enfances » pour Lilie              

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L'enfant de lune

 

La lune en maraude au coeur des vergers

 

Grimpait aux pommiers en jupon d'argent ;

 

Surgirent des chiens rauques, déchaînés :

 

La lune s'enfuit, laissant un enfant.

 

 

Il vint avec nous en classe au village,

 

Tout à fait semblable aux autres garçons

 

Sauf cette clarté nimbant son visage

 

Sous le feu de joie de ses cheveux blonds.

 

 

Il aimait la pluie, les sources, les marbres,

 

Tout ce qui ruisselle et ce qui reluit ;

 

Le soir il veillait très tard sous les arbres

 

Regardant tomber lentement la nuit.

 

 

La lune en maraude au coeur des vergers

 

Vint chercher l'enfant un soir gris d'automne :

 

Vite, il  s'envola. J'entends à jamais

 

Le bruit de son aile amie qui frissonne.

 

 

                                        Marc Alyn  

 

 

  

Le poète est « une espèce silencieuse de musicien, de voyant aveugle, scribe errant au seuil des cultures, frontalier des états extrêmes ajournant sans cesse sa propre mort pour cause d’urgence poétique » Marc Alyn

Ecrivain et poète, Marc Alyn, de son vrai nom Alain-Marc Fécherolle,  est né en 1937 à Reims. Il publie son premier recueil, Liberté de voir, en 1956.  Le temps des autres reçoit le prix Max Jacob l’année suivante, le jour de ses 20 ans. Fondateur en 1966 de la collection Poésies/Flammarion, il y révèle Lorand Gaspar, Bernard Noël, Andrée Chedid. L’alphabet du Feu, publié dans les années 1990, après son séjour à Byblos est perçue comme l’une de ses publications majeures.


 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:11

Pour Papier Libre, thème « labyrinthe » proposé par Juliette

Dans un parc

Au petit matin, vibre la lumière,  le jardin dessine ses ombres fières, au loin le château se dresse, imposant.

 Près des arbres feuillus bordant l’allée cavalière,  nimbée d’optimisme, j’avance sur le chemin, vers la statue équestre.

Au pied de celle-ci,  changeant mes habitudes, je m’engage sous une longue voûte de verdure. Je m’endors  un peu en contemplant la monotonie du décor. Est-ce ainsi que je vis ? Quelque part dans le ciel,  le cri des corbeaux me fait tressaillir.

L’obscurité descend de cet entrelacs de branches. La pénombre entoure les arbres, m’exerçant à souffler dans un  pas accéléré, j’aboutis au pied d’une cathédrale d’arbres austères. L’entrée majestueuse me saisit avec sa vaste ramure  frissonnante. Assise, sur un banc-arbre, j’écoute les orgues des frêles feuillages. Un rayon de lumière me guide vers la sortie de cette chapelle inattendue. Une pièce d’eau ornée d’une sculpture d’ange, m’attend sous ce ciel d’après-midi. Je me penche et ne vois qu’un fond noir où nagent quelques algues. Ramassant de petites pierres, je me dirige vers une ouverture mi-roche, mi-arbre, une grotte aux parois obliques.

Au fond,  dans les ténèbres de la galerie, l’absence de repères, l’incertitude de mes pas, l’inquiétude m’étreint. Je dispose les pierres sur des rochers plus élevés, cela me rassure.

J’ai l’impression de tourner en rond , en espérant que ce dédale finisse bientôt, je mets toute ma volonté à comprendre pourquoi  je me suis mise dans cette situation.

 Il me revient mes espérances, l’absence d’étoiles me laisse, désarmée. Qu’est- ce que je cherche dans cet endroit sans ciel ?

Le plafond de la grotte s’abaisse, et je dois me mettre à ramper. Les stalactites me piquent le dos, l’air se raréfie, je descends, descends comme au fond d’un puits et atteins le bord d’une rivière souterraine que je devine au murmure de l’eau contre les parois. L’eau glacée s’incruste autour de mes chevilles. Une forte odeur  de moisissure flotte dans l’air pesant et froid. Une pensée me tenaille, qu’allait devenir, cet étrange périple, pourquoi suis-je partie, insouciante, vers ces lieux hostiles. Je relève la tête et décide de continuer. L’eau raidit mes pieds et jambes,   le courant effleure mes mains. Du bout des pieds, je tâtonne vers  la remontée de l’autre rive. En m’arcboutant aux rochers, j’escalade les pierres aigues. Une montée périlleuse, sur le sol ferme, un noir dédale de murailles se poursuit. Longtemps, j’erre dans les méandres de cette galerie. Une tâche blanche me barre la route. Une porte.

Une porte, elle filtre le son d’un impromptu de Schubert. Le souterrain aboutit dans la salle de bal du château.

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 11:55

 

 

 

 

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème « Lumières » proposé par Lillie

 

 IMG 0222

 

 

Sur la fin

 

 

Le disque qui incendiait le paysage vient de

 tomber sur une pique. Etait-ce le soleil mort ou

 un cercle de fer ?

Les ailes du moulin le balançaient entre deux

arbres où le feu d’artifice est éteint. Et l’horizon

 que j’avais pris pour un trait de fusain disparaissait.

 

 

 

 

 Pierre Reverdy - extrait de La liberté des mers, Poésie/Gallimard

 

 

 

 

Photo personnelle, à Saumur

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 09:40

Vous souvenez-vous de la musique qui hante les personnages de ce très beau film ? Une belle surprise, le concerto en ré majeur pour violon et orchestre de Tchaikovski sera l'une des oeuvres présentée aux Folles Journées de Saumur les 27, 28, 29 janvier 2012. Laurent Korcia est invité en soliste de l’orchestre Sinfonia Varsovia. De beaux moments à venir.

1. 

 

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Published by Alice - dans Musique
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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 18:15

 

 

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Lever du soleil

Embrasement du ciel noir

Odeur de café

 

 

 

 

 

Photo personnelle, novembre 2011 , le ciel découpé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Alice - dans Photos-Poésie
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 18:46

 

 

 

 

 

 

"Lien de source vive" ou "Lien d'océan" Juin 2004 © Copyright L. de Sainte-Maréville

"Lien de source vive" ou "Lien d'océan" Juin 2004 © Copyright L. de Sainte-Maréville

 

 

 

 

 

Elle se matérialise sur le promontoire rocheux et observe le décor d’eau verte.  

 

Sur la longueur de  sa robe, les plis  cachent le dessin de ses formes. 

 

Un cordon serpente de son épaule gauche, à la taille, représentant l’attachement de la créature à la planète rouge.

 l’Etre figé rassemble ses forces, le courant passe dans tout le corps et anime peu à peu les membres.  

 

Bientôt la Voyageuse  flotte jusqu’à  la valise reposant non loin de là. Saturée de forces, elle ouvre sans peine le vieux couvercle.

 Les différents objets gisent là,  peu endommagés par le voyage. Nels saisit le flacon mauve et élève celui-ci à la hauteur de ses prunelles. Le liquide se brouille devient une bouillie  rose, puis rouge et enfin transparente.

 Un visage se découpe dans le flacon, celui  de son contact sur terre.  

 

Les deux regards se croisent , un violent étourdissement saisit Nels. Aspirée,  elle s’enroule dans un cylindre de lumière et pénètre dans le cerveau  du contact.

 

 

                                                                                                                          Alice

 

 

 

 Pour une proposition de Laurence de Sainte Maréville pour l'atelier Imaginaire (22/01/2006)

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 15:37

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Published by Alice - dans Récit de vie
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 21:19

 

Instants de nuit

 

Bercée par l’éclairage des réverbères

La rue étend son ruisseau brillant

 

Entre les rideaux bien tirés

Un fil de lumière, une famille

Des âmes vivent

 

Autour de la place illuminée

Le cercle des façades éclairées

L’ombre sur le mur des plantes

Au balcon

 

Assise au bord de la fontaine,

Les poissons étincellent sous L’œil rond de la lune

 

          J’écoute la nuit

 

Le bruissement des arbres près des fenêtres

Closes

Le souffle léger du vent qui court vers le fleuve

La nuit descend en mon âme, apportant ses lucioles

Présence des souvenirs,  pensées –avenir

Elles s’attirent

 

                                                                 Alice

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Published by Alice - dans Poésie
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:32

 

Poésie du Jeudi chez les Croqueurs de Mots, thème "la ville, la nuit" proposé par LilouFredotte  

 

 

L’effraie

 

La nuit est une grande cité endormie

où le vent souffle... Il est venu de loin jusqu’à

l’asile de ce lit. C’est la minuit de juin.

Tu dors, on m’a mené sur ces bords infinis,

le vent secoue le noisetier. Vient cet appel

qui se rapproche et se retire, on jurerait

une lueur fuyant à travers bois, ou bien

les ombres qui tournoient, dit-on, dans les enfers.

(Cet appel dans la nuit d’été, combien de choses

j’en pourrais dire, et de tes yeux... ) Mais ce n’est que

l’oiseau nommé l’effraie, qui nous appelle au fond

de ces bois de banlieue. Et déjà notre odeur

est celle de la pourriture au petit jour,

déjà sous notre peau si chaude perce l’os,

tandis que sombrent les étoiles au coin des rues.

 

 

Philippe Jacottet

L’effraie, Editions Gallimard, 1953

 

Pour en savoir plus :

 http://www.maulpoix.net/effraie.htm 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 21:21

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Photo-Montage de René Chabrière

 

Quand les chevaux du Temps s’arrêtent à ma porte

J’hésite un peu toujours à les regarder boire

Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leur soif.

Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant

Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse

Et me laissent si las, si seul et décevant

Qu’une nuit passagère envahit mes paupières

Et qu’il me faut soudain refaire en moi des forces

Pour qu’un jour où viendrait l’attelage assoiffé

Je puisse encore vivre et les désaltérer.

 

                                                                  (Les Amis inconnus)

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