
La Bretagne (huile 1908) - Jean Brunet
Je suis née en 1924 et ai toujours dormi dans une chambre collective à 4 lits de 2 personnes durant toute mon enfance, mon adolescence, avec la parenthèse du pensionnat de 1936 à 1940.
La chambre est située au 1er étage de la maison familiale à Saint Clet dans les Côtes du Nord.
Face à l’entrée sans porte, une grande armoire où Maman empile les couvertures et les draps.
Tous les meubles sont en châtaignier. C’est très joli. Les lits et les tables de nuit occupent les angles de la pièce (carrée).
En entrant à gauche, deux lits séparés par une fenêtre donnent sur le jardin. Puis la table de toilette avec un dessus de marbre, sur lequel repose une cuvette et un pot en faïence blanc. Maman l’a achetée chez Monsieur le Recteur lors d’une vente après son décès.
Dans l’autre angle encore un lit, l’armoire et le quatrième lit près de la fenêtre donnant sur la route.
Les lits, très douillets, ont une couette remplie d’une balle d’avoine (ce qui reste après le battage,dans les fermes) renouvelée tous les ans
.
A droite de l’entrée, une cheminée en pierre, dont la tablette comporte quelques bondieuseries quelconques. La tablette est garnie d’une dentelle blanche festonnée, réalisée au crochet.
Tous les murs de la maison sont peints à la chaux. Un seul sous-verre avec une Sainte-Vierge orne les murs.
Chaque lit a sa table de nuit. Un bon vieux réveil d’autrefois « Bayard » qui résonne bien, est posé sur celle de mes parents.
Au plafond, des poutres pour soutenir le grenier. Le sol en bois épais. De temps en temps, ma mère y passe le balai brosse et l’eau de javel. J’étais seule avec mes parents. Je suis la neuvième petite dernière, (j’ai fermé le bal !)
Mon père se lève tous les jours à 5 heures, le « couvre-feu » à 19 h 30, après que mon père raconte l’histoire de « la tête qui dort » !
Je me rappelle cette comptine apprise par l’institutrice du cours préparatoire, élémentaire :
Cher petit oreiller,
Doux et chaud sous ma tête
Pleins de plumes choisies,
Et doux et fait pour moi,
Quand on a peur du loup,
Du vent de la tempête,
Cher petit oreiller,
Que l’on dort bien sous toi.
Pas de volets aux fenêtres, la chaleur monte du rez-de-chaussée.
Le matin, le soir, j’entends le bruit des roues cerclées de fer des charrettes.
Propos recueillis le 28 décembre 2005.
Je vous invite à lire la chambre de Bretagne, dans le Finistère Nord.
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