Récits de chambres d'après témoignages

Mercredi 25 janvier 2006

                                                     Intérieur d'une ferme  dans le Finistère  (1909)

Je suis né en 1922 dans une ferme située à 2 km du bourg de Plabennec.  

La ferme est entourée d’étables, écuries, porcheries et bâtiments annexes pour les instruments agricoles.  

En 1925, j’ai  3 ans et je dors dans un lit-clos avec mon aîné de 4 ans. 

Dans la pièce principale,. Derrière mon lit clos, à droite, un autre lit-clos  près de la porte d’entrée.. Au fond de la pièce, un autre lit-clos face à la fenêtre, et au dos de celui-ci un autre qui est face à l’âtre. Tous les lits-clos servent de cloisons.             (4 lits-clos ). 8 garçons. 

Le lit-clos , en noisetier repose sur de gros pieds. Dedans, un sommier avec  un matelas rempli de balles d’avoine. Elle est   remplacée tous les ans après la moisson, au mois d’août. 

La balle d’avoine est séparée de sa graine par l’intermédiaire d’un instrument qui s’appelle le tarare.Un drap de dessous, un drap de dessus, une grosse couverture épaisse réchauffe le lit.

Près du lit, un banc  pour monter dans le lit, on tire vite la porte, de peur, car la porte d’entrée de la maison reste ouverte pour recevoir les éventuels visiteurs qui demandent à partager le repas.

Les trois  filles sont à l’étage dans une chambre avec un lit-clos, et un lit   d’une personne pour la plus petite.  Elles sont près des parents, séparées par une cloison de planches en bois, et au fond la grande chambre de la grand-mère, qui a 2 fenêtres. 

Au sol , de la  terre battue,  deux lampes à pétrole suspendues au plafond éclairent les deux tables de ferme ; celle des enfants, celles des « grands ».Les murs sont blanchis à la chaux .  

Auprès de la table des grands, une grande niche à pain encastrée dans le mur, en bois.  

Pas de porte, le pain devait étre aéré…  

Attachés au plafond par de grosses ficelles pendent des andouilles, des gros saucissons, des jambons, puis une  planche de bois  au-dessus de la table des grands.  

Dans la cheminée,accrochées aux parois, pendent  des andouilles mises à fumer 4 à 6 mois pour les fêtes,  elles sont  remplacées par celles au-dessus de la table.  

Sur le côté de la  cheminée, un ensemble tout émaillé de blanc comprend un grand cylindre rempli d’’eau et une cuvette. Le soir, les enfants se lavent. L’eau chauffe dans un grand chaudron attaché à une crémaillère au-dessus des fagots de bois  

Un crucifix, sur tous les lits, au-dessus de l’âtre, une croix, au-dessus  de chaque table, au-dessus de la porte.  

Avant chaque repas,  nous récitons la prière :  

Bénédicité dominus  

Que Dea que jumus sancturis  benedicta dextera christi  

Amen 

Le soir, nous lisons chacun notre tour les Evangiles après le repas. Cela dure une demi-heure environ, c’est très long ! puis « da kousket » !  

 « Les grands »  transmettent aux petits l’éducation élémentaire.  

Les grands : le père, la mère, deux domestiques, la couturière, la grand-mère maternelle, qui tient la ferme avant.  

Nous nous levons  à  6h3O ; et préparons seuls le petit déjeuner (les « grands » sont déjà au travail de la ferme) le lait chauffe  dans la cheminée avec un fagot pas toujours sec, sur la table beurre, confiture et pain à volonté, puis on se prépare pour aller à l’école,  départ à 7h30. 

L’eau  est  puisée dans le puit à 20 m de la maison, avec un seau.  

Tous les matins et tous les soirs, les enfants, chacun leur tour vont  chercher de l’eau dans le puit à vingt  mètres de la maison  et tirer du foin et de la paille pour les chevaux et les vaches .  

Beaucoup de bois sur les  talus, chênes, hêtres, noisetier, coupés en hiver de fin décembre jusqu’à mars, pour l’année. On fait des tas. couverts par de la fougère séchée.  

 Une grande cour entoure  la ferme, avec la maison au fond.  

A droite de la maison,  la petite laiterie : la crème, le petit lait, la baratte pour le beurre  sont préparés là. 

 propos recueillis le 28 Décembre 2005

Par Alice.L
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Samedi 14 janvier 2006

La Bretagne (huile 1908) - Jean Brunet

Je suis née en 1924 et ai toujours dormi dans une chambre collective à 4 lits de 2 personnes durant toute mon enfance, mon adolescence, avec la parenthèse du pensionnat de 1936 à 1940.

La chambre est située au 1er étage de la maison familiale à Saint Clet dans les Côtes du Nord.

Face à l’entrée sans porte, une grande armoire où Maman empile les couvertures et les draps.

Tous les meubles sont en châtaignier. C’est très joli. Les lits et les tables de nuit occupent les angles de la pièce (carrée).

En entrant à gauche, deux lits séparés par une fenêtre donnent sur le jardin. Puis la table de toilette avec un dessus de marbre, sur lequel repose une cuvette et un pot en faïence blanc. Maman l’a achetée chez Monsieur le Recteur lors d’une vente après son décès.

Dans l’autre angle encore un lit, l’armoire et le quatrième lit près de la fenêtre donnant sur la route.

Les lits, très douillets, ont une couette remplie d’une balle d’avoine (ce qui reste après le battage,dans les fermes) renouvelée tous les ans

.

A droite de l’entrée, une cheminée en pierre, dont la tablette comporte quelques bondieuseries quelconques. La tablette est garnie d’une dentelle blanche festonnée, réalisée au crochet.

Tous les murs de la maison sont peints à la chaux. Un  seul sous-verre avec une Sainte-Vierge orne les murs.

Chaque lit a sa table de nuit. Un bon vieux réveil d’autrefois « Bayard » qui résonne bien, est posé sur celle de mes parents.

Au plafond, des poutres pour soutenir le grenier. Le sol  en bois épais. De temps en temps,  ma mère y passe le balai brosse et  l’eau de javel. J’étais seule avec mes parents. Je suis la neuvième petite dernière, (j’ai fermé le bal !)

Mon père se lève tous les jours à 5 heures, le « couvre-feu » à 19 h 30, après que mon père raconte l’histoire de « la tête qui dort » !

Je me rappelle cette comptine apprise par l’institutrice du cours préparatoire, élémentaire :

 

Cher petit oreiller,

Doux et chaud sous ma tête

Pleins de plumes choisies,

Et doux et fait pour moi,

Quand on a peur du loup,

Du vent de la tempête,

Cher petit oreiller,

Que l’on dort bien sous toi.

 

Pas de volets aux fenêtres, la chaleur monte du rez-de-chaussée.

 

Le matin, le soir, j’entends le bruit des roues cerclées de fer des charrettes.

Propos recueillis le 28 décembre 2005.

Je vous invite à lire la chambre de Bretagne, dans le Finistère Nord.

Par Alice.L
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Samedi 7 janvier 2006

           Méditation : Mme Monet       

        

Je suis née en 1929 à Rouen. J'avais un an, quand mes parents ont déménagé dans un appartement plus vaste. Mon père l'a immédiatement aménagé avec un chauffage central puissant et une grande salle de bain. Ma mère était de santé fragile, et l'appartement surchauffé !

La famille était composée de ma grand-mère maternelle, ma mère, mon père, mes deux frères et moi-même.

Je dormais dans la chambre de ma grand-mère. Je me réfugiai souvent dans son lit, car j'avais de grandes peurs nocturnes. Dans le lit en noyer, deux oreillers en plume, un matelas en laine. Tous les deux ou trois ans, les cardeurs venaient toutes fenêtres ouvertes, aérer la laine avec des métiers en bois.Une couverture, un couvre-lit de satin jaune, sur lequel il ne fallat pas grimper, un édredon de satin jaune d'un côté et rouge de l'autre était posé dessus.Deux tables de nuit assortis au lit, avec un dessus en marbre, un verre d'eau.

Mon lit, un ancien lit de mes parents, des bareaux de fer à la tête et aux pieds.Un couvre-lit bordeaux.

Un fauteuil confortable recouvert de velours orné d'une tétiièe en crochet de sa main.

Une cheminée, avec un bandeau au crochet, deux personnages en bronze : un jeune garçon donne de la soupe à son chien, une jeune fille "une Renommée" joue de la trompette.

La machine à coudre dont elle ne se servait plus, avait un gros couvercle en bois. Une pédale à pied.    J'avais une petite table , une chaise, un espace pour ranger les jouets. Ma voiture de poupée, des petites valises pour protéger les dînettes en porcelaine.         

Une suspension électrique, un radiateur classique chauffait la chambre.

Au sol,  un lino, sur les murs, une tapisserie à motifs, des grands placards.

 

Propos recueillis le 4 janvier2006.

Je vous invite à llire les chambres de Bretagne, témoignages de la même décennie.

 

 

 

Par Alice.L
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