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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 00:00

 

 

 

Aux points d’illusion, elle coud l’envers de la toile. Les doigts fins et agiles tirent les brins écrus. Le drap neuf s’allonge devant elle, un long fruit d’heures de travail. Son corps accompagne en silence le maniement de l’aiguille. La cotonnade épingle son histoire invisible sans ourdir, sans tramer. Ce serait un foulard léger voletant autour de ses épaules. Chaque  jour, l’assemblage des brins bobinent une nouveauté. Le fuseau dévide son fil d’espoir. A ses pieds, un écheveau  bien ordonné, celui de ses jeunes années. Il n’est pas encore l’heure de renvider les mots, de froisser son visage à chaque passage de la navette, de créper la filasse pour cacher la bure grise de son corps vieilli. Il n’est pas venu le temps d’entoiler, d’apprêter le tissu  masqué des félures. Pour l’instant, avec doigté, elle compte les fils de la frange . Dans l’armoire, sur le  drap de mariage, s’ajoute celui du baptême.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                               Alice

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commentaires

I
<br /> <br /> Whaou ! tu as tissé superbement et très finement<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> J'aime ce texte pour les mots spécifiques qui étendent l'étoffe de la vie. Bien sûr ce n'est qu'une interprétation, on peut le tisser autrement :-)<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Voici les paroles complètes :<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Line Renaud<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Tire l'aiguille (Laï laï laï)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Paroles: Eddy Marnay. Musique: Emil Stern, Eddie Barclay   1952<br /> © Editions Métropolitaines<br /> autres interprètes: André Claveau, Patachou, Renée Lebas, Léo Marjane, Elyane Embrun, Mathé Altéry, Dalida (1968), Céline Dion<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Tire, tire, tire l'aiguille, ma fille<br /> Demain, demain, tu te maries, mon amie<br /> Tire, tire, tire l'aiguille, ma fille<br /> Ta robe doit être finie<br /> Sous tes doigts, naissent des fleurs<br /> Faites de paillettes de diamant<br /> Le diadème d'oranger porte-bonheur<br /> Est entre les mains de ta maman<br /> <br /> Laï laï laï... Tire, tire l'aiguille, ma fille {x2}<br /> <br /> Ta chambre est couverte de petits bouts de soie<br /> Le chat, sur le tapis, s'en donne à cœur-joie<br /> Près du feu qui danse, le fauteuil se balance<br /> Et berce ton père endormi<br /> Ta maman, sans dire un mot,<br /> Achève de plier ton trousseau<br /> Ton papa saura demain après le bal<br /> Qu'un mariage coûte... bien du mal<br /> <br /> Laï laï laï... Tire, tire l'aiguille, ma fille {x2}<br /> <br /> La lumière de la lampe fume et chancelle<br /> Tes yeux se couvrent d'un rideau de dentelle<br /> Ne les laisse pas se fatiguer, mon amie<br /> Demain, il faut être jolie<br /> Et quand l'orgue chantera<br /> Lorsqu'enfin tu lui prendras le bras<br /> Puissent des millions d'étoiles au fil des heures<br /> Semer votre route de bonheur<br /> <br /> Laï laï laï... Tire, tire l'aiguille, ma fille {x2}<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> ou que c'est joli, Alice/pénélope, si poetique et doux.<br /> <br /> <br /> tu pourrais mettre comme fond sonore  cette vieille chanson "<br /> <br /> <br /> Tire, tire, tire l'aiguille, ma fille<br /> Demain, demain, tu te maries, mon amie<br /> Tire, tire, tire l'aiguille, ma fille<br /> Ta robe doit être finie....<br /> <br /> <br /> Emma<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merci pour la vieille chanson, si je la trouve, je n'y manquerai pas. Peut-être que les dames d'antan la fredonnaient en tissant, qui sait ? Amitiés<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> <br /> Compisition si bien tissée par toi, aurait fortement inspiré de grands impressionistes. Félicitations.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merci pour ton appréciation, j'ai vu des gravures sur les tisseurs, peut-être cela a-t-il inspiré les peintres<br /> <br /> <br /> impressionnistes, je ne sais pas. Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> J'adore,ce texte,délicat et émouvant,bravo!<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merci, c'est gentil ! les mots étaient imposés, et j'ai choisi le thème de la vie , en souvenir de ma grand-mère dentellière à Calais, lorsque je la voyais coudre près de la fenêtre,<br /> contente d'avoir un petit mot de toi, bises<br /> <br /> <br /> <br />
A
C'est joliment dit ... et pourrait être le décor de cette tisseuse.<br /> amitiés  alice<br />  
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M
J'aime beaucoup ton texte. Il nous accapare avec bonheur, comme un rai de lumière dans une pièce tenue à l'ombre, où l'on a envie de se reposer. <br />  (Je profite de ce petit passage pour te remercier de ton com.  qui m'a beaucoup touchée; je ne peux toujours pas répondre, j'espère que ce sera vite rétabli.)<br /> Bonne continuation et amitiés<br /> mireille
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A
Merci Viviane, j\\\'aime cette façon d\\\'écrire en utilisant le fil du champ lexical, qui ouvre vers l\\\'inconnu d\\\'un texte.. Ici, il aboutit à "une histoire qui tient sa longue aiguillée" et je lis ave plaisir les autres orientations des mots sur ton blog et celui de Mireille .Amitiés
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V
j'adore cette utilisation des champs lexicaux pour construire une histoire qui tient sa longue aiguillée
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