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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 16:51

  Chez les Croqueurs de mots, jeudi en Poésie, pour Hauteclaire

 

bresil3-059.JPG

 

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

 

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses fontaines.

 

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

 

                                    La Fable du monde (1938)

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commentaires

Mamie Claude 11/06/2010 17:49



Ouverture de soi-même, ceci est tellement important, vers l'autre ou vers l'univers, nous avons toujours à apprendre, ce qui nous apporte mille soleils. Merci pour ce beau poème



Alice 11/06/2010 20:19



Apprendre , j'aime bien ! mais aussi se laisser vivre, et apprécier la vie comme elle se présente sous ses meilleurs jours, les autres, on attend l'étincelle qui fait que la machine redémarre !
Amitiés



india 11/06/2010 13:32



..ou l'histoire de nos tremblements intérieurs...


J'aime Supervielle, définitely. Un gros bisou et merci Alice



Alice 11/06/2010 20:16



Les tremblements intérieurs, sels de la vie :-) Belle soirée , bises



hauteclaire 10/06/2010 20:06



Le poème d'un soleil obscur et sanglant ..


Très beau texte, qui prédit une chute


Merci d'avoir ainsi participé à ce thème


Amitiés


Hauteclaire



Alice 11/06/2010 10:42



J'ai choisi ce poème pour illustrer le thème "Soleil", car à l'image des soleils qui dorment en nous, tout se passe dans le corps, et pour finir comme le soleil est dans l'univers, nous nous
adressons aux autres pour parler de nos enthousiasmes par exemple. Amitiés



fransua 10/06/2010 19:53



un poème bien noir à l'aube de la guerre, était il prémonitoire ?



Alice 11/06/2010 10:35



Le poème parle du corps humain rattaché à l'univers, à l'espace (cruelles plaines) et dans ce corps circule du sang, des nerfs, tout est métaphore pour dire l'inquiétude intérieure de l'être,
"les oiseaux...ont du mal à voler près du coeur", l'être est prisonnier dans sa cage, finalement, il tente de s'en sortir sans trop prendre conscience de son être intérieur, en allant à
l'extérieur, discuter avec d'autres.Et le soleil ? eh bien ils brillent en nous parce qu'on a des étincelles ! et là je vais lire ton poème et cela est un beau soleil :-)



india 10/06/2010 19:23



Oh la la, je reviendrai lire, je suis encore avec Henri Dès, tu m'as replongé 10-15 ans en arrière !



Alice 11/06/2010 10:16



Hendri Dès est un soleil, Jules Supervielle, un autre :-)



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